Début décembre, après plusieurs semaines de consultations, le Ministère de l’Education Nationale a rendu public, le projet de loi dit « d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République ». Il devrait être soumis au vote des Parlementaires en mars 2013.

Pour Régions et Peuples Solidaires (R&PS), certains aspects du projet présentent de réelles avancées et affichent, enfin, des ambitions de modernité. En ce sens, R&PS tient à souligner l’annonce de dispenser une « formation à l’utilisation des outils et des ressources numériques » et surtout de « promouvoir une plus grande ouverture sur l’Europe et le monde ». A l’actif du Ministre de l’Education Nationale, Vincent Peillon, sans doute initié à la chose lors de son expérience bruxelloise d’eurodéputé, il mérite d’être souligné, l’intérêt nouveau de la France, pour l’apprentissage des langues vivantes qui devrait devenir obligatoire dès l’école élémentaire.

Toutefois, globalement, le Gouvernement à l’instar de la « gauche traditionnelle française », trop souvent encore jacobine et laïcarde, reste embourbé dans des considérations sur l’école venues d’un temps pourtant révolu, celui où Jules Ferry exerçait la fonction de Ministre de l’Instruction Publique. Un temps où le responsable de l’enseignement en France, à la fois promulguait la loi de 1882 sur la laïcité de l’école (qui allait très vite exclure les langues régionales de l’école au profit de la seule et unique langue française ) et soutenait l’expansion coloniale en Afrique et en Asie. Pour Vincent Peillon, l’école doit rester le garant de l’ordre moral et républicain, le lieu où se forme le patriotisme français par « l’apprentissage des symboles de la République, l’hymne national et l’histoire ». La langue française est un outil de «coopération» tourné vers l’étranger en particulier le « Maghreb ». En quasiment 150 ans, rien n’a changé ou presque.

R&PS déplore certaines contradictions entres des déclarations de principe, somme toute honorables, et la mise en oeuvre, décevante . La plus regrettable des contradictions étant celle de vouloir faire « acquérir et comprendre aux élèves le respect de la personne, de ses origines et de ses différences » et d’omettre, dans le projet de loi, l’enseignement des langues, des cultures et de l’histoire régionales. Une fois de plus, et ce malgré les demandes formulées au cours de la consultation, la forte demande sociale relayée par les très nombreuses organisations culturelles, syndicales et politiques depuis des années, les singularités et la diversité régionales sont une fois de plus les grandes oubliées de l’enseignement.

En l’état, le projet de loi est très largement insuffisant : l’école reste un outil d’uniformisation et d’assimilation. L’école qui devrait être le lieu par excellence de la transmission des connaissances doit prendre en compte l’existence des langues, des cultures et des histoires régionales dans le cursus scolaire. R&PS en appelle aux parlementaires pour qu’ils amendent avec vigueur le projet de loi. Les langues régionales de France ne peuvent être moins considérées que des langues étrangères. Là où se parle une langue régionale, qu’elle soit l’alsacien, le basque, le breton, le catalan, le corse, le franco-provençal, l’occitan, le créole en Outre-Mer, etc… dans son aire d’expression traditionnelle, son enseignement doit être rendu obligatoire au même titre que pour les langues étrangères ainsi que l’exige le Ministère de l’Education Nationale.

Régions et Peuples Solidaires, fédération des partis politiques régionalistes et autonomistes progressistes, réunit le Partit Occitan (Occitanie), Unser Land (Alsace), l’Union Démocratique Bretonne (Bretagne), le Partitu di a Nazione Corsa (Corse), Convergencia Democratica de Catalunya et Esquerra Republicana de Catalunya (Catalogne), le Parti Nationaliste Basque, Abertzaleen Batasuna et Eusko Alkartasuna (Pays Basque), le Mouvement Région Savoie (Savoie).

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