De gauche à droite: Jean-Georges Trouillet, Jérôme Goepfert, François Marx, Lucien Baltzer, Daniel Willmé

Les 20 et 27 mars auront lieu les élections cantonales. Les candidats qui seront élus auront la charge, non seulement de représenter leur canton, mais également de décider d’une réforme institutionnelle capitale pour l’Alsace. Aujourd’hui, la question n’est pas de savoir si l’Alsace doit aller à droite ou à gauche : l’Alsace doit aller de l’avant et prendre son destin en main.

Communes, communautés de communes, syndicats mixtes, Pays, SCOT, Natura 2000, départements, région, préfectures… Qui fait quoi en Alsace ? Personne ne le sait plus vraiment. Une chose est sûre : le millefeuille administratif français coûte très cher, il est inefficace et noie les responsabilités. Est-ce acceptable en ces temps de crise économique, écologique et identitaire ?

Nos impôts doivent servir l’intérêt général et non à financer des mandats superflus ou à entretenir des rivalités de clocher artificielles. L’union fait la force : il est temps de supprimer les départements, de renforcer le pouvoir de la région et des collectivités de proximité. Nous rappelons que depuis plus de 15 ans, une large majorité des Alsaciens – y compris les Haut-rhinois – mais également les principaux acteurs économiques et sociaux (par la voix du CESA) réclament la fusion et la création d’une collectivité territoriale unique. En ce sens, l’accord passé récemment entre les deux départements et la région est totalement insuffisant. Il n’est pas acceptable que certains élus s’opposent encore à la fusion, prenant ainsi en otage l’Alsace au nom de leur seul intérêt particulier.

La fusion des départements et la création d’une collectivité alsacienne serait une mesure de bon sens. Mais ce ne peut être qu’une première étape. Lorsque l’Alsace parlera enfin d’une seule voix, il faudra accroître considérablement ses compétences de façon à ce qu’elle bénéficie du même niveau d’autonomie que les autres régions européennes.

En particulier, il faudra mettre en place :

  • Un gouvernement alsacien formé d’un président et de ministres chargés chacun d’un domaine de compétence (transport, éducation, social, développement durable…)
  • Un parlement d’Alsace, élu au suffrage universel, pour représenter à la fois les territoires et les courants d’opinion. Ce parlement votera les lois et contrôlera le gouvernement régional.
  • Une Constitution pour que le fonctionnement et les domaines de compétence de la région soient clairement établis

Une autonomie financière : aujourd’hui, les impôts des contribuables alsaciens sont prélevés par l’Etat. La région doit ensuite les quémander à Paris pour financer les projets locaux : la région doit pouvoir prélever elle-même les impôts. C’est une question de transparence et d’autonomie de gestion.

Notre langue régionale (Elsasserditsch et Hochdeutsch) est un héritage précieux, un élément central de notre culture et un formidable atout pour l’avenir. Les années passent et nous avons entendu de la part de nos élus beaucoup de promesses et de vagues discours. Mais, ces mêmes élus, qu’ont-ils faits de notre langue et de notre culture ?

Aujourd’hui, l’Alsace ne compte plus que 7% d’élèves scolarisés en école bilingue, malgré une forte demande des parents. Ce n’est pas une politique sérieuse, ce sont des soins palliatifs ! A ce rythme, dans 10 ans, notre langue régionale sera morte. Et cela, nous ne pouvons l’accepter. Notre région est déjà en proie à une grave crise identitaire, qui se traduit maintenant sur le plan économique : plusieurs milliers de chômeurs pourraient trouver du travail s’ils maîtrisaient la langue régionale.

L’heure est à la reconquête linguistique et aux mesures immédiates.

Nous demandons

  • Que la langue régionale soit également langue officielle en Alsace au côté du français.  Que l’enseignement public soit entièrement régionalisé. Le bilinguisme sera généralisé de la maternelle à l’université.
  • Que l’ensemble des administrations soient bilingues.

Unser Land, le seul parti « régionaliste » alsacien, participera donc à ces élections cantonales et présentera 6 candidats, répartis à moitié dans les deux départements :

  • Canton de Masevaux : Daniel Willmé, 58 ans, informaticien
  • Canton d’Altkirch : François Marx, 74 ans commercial en retraite
  • Canton de Wintzenheim : Jean-Georges Trouillet, 33 ans, ingénieur
  • Canton de Geispolsheim : Jérôme Goepfert, 30 ans, cadre commercial
  • Canton d’Obernai : Lucien Baltzer, 63 ans, technicien méthode en retraite
  • Canton de Wissembourg : Eric Schaeffer, 42 ans, policier municipal

Unser Land soutiendra également plusieurs candidats sortants ou non, sur la base d’une charte reprenant les principaux points du programme du parti. Ces accords sont en cours de finalisation et seront publiés prochainement.

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