« L’écologie, c’est aussi l’emploi »

Quarante-trois pages barrées de vert : le programme, « version longue », de la liste « Écologistes, solidaires et citoyens » que mène Sandrine Bélier a été présenté hier, simultanément, dans les dix départements de la grande région.

Pour cette reprise de campagne après le « temps du deuil », Sandrine Bélier avoue « la difficulté » à évoquer les enjeux régionaux. Mais « l’ensemble de nos propositions est aussi une réponse à la désespérance, à la violence, à la peur de la fin de mois et à la peur de la fin du monde », explique l’ancienne députée européenne.

Le programme de la liste a deux versions : une plaquette qui énumère « sept priorités et quarante propositions pour le grand Est » et une liasse qui les détaille. Thème dominant, pointe la tête de liste : « L’écologie est créatrice d’emplois et de bien-être au service d’un territoire et de ses habitants, pour améliorer leur quotidien. »

« Ce n’est pas seulement un outil de communication ou un document de campagne », surenchérit Jacques Fernique, conseiller régional sortant et n° 2 de la liste bas-rhinoise. « Nous avons travaillé sur le réalisable, le finançable, en faisant des choix, sans dresser de catalogue. »

Un droit de pétition pour 50 000 citoyens

Le document plaide d’abord pour une « méthode écologiste » de gouvernance. Exemples : une authentique « séparation des pouvoirs » qui permette au conseil régional « de ne pas être un simple supplétif de l’exécutif », l’invitation comme « conseillers régionaux associés » d’élus des régions européennes voisines, ou encore un mécanisme qui permette à 50 000 citoyens de proposer une mesure pour leur région.

Dans le domaine économique, la liste Bélier suggère de « consacrer les aides de la Région exclusivement aux acteurs économiques qui agissent en faveur de l’emploi local et du climat ». Elle plaide pour l’économie sociale et solidaire qu’elle entend renforcer. Ainsi que pour l’économie circulaire, rappelant que la Région sera désormais en première ligne pour le traitement des déchets.

Fessenheim et Bure

La partie « transition énergétique » est bien sûr importante. Les écologistes veulent créer un « service public régional de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables », ainsi qu’une « société publique locale » pour rénover les bâtiments publics. Ils veulent « accompagner la fermeture et le démantèlement des réacteurs nucléaires […] à commencer par celui de Fessenheim » et refusent bien sûr le centre d’enfouissement de déchets radioactifs à Bure (Meuse).

Le programme détaille aussi des propositions en matière de tourisme, de santé, d’agriculture ou de biodiversité. En matière de transports, il propose des « Assises de la mobilité » de façon à réorienter la politique régionale vers les transports en commun, en « abandonnant les projets routiers inutiles » et en créant une taxe poids lourds régionale.

Jacques Fortier

25/11/2015 à 05:00
Share This