Alors que l’aberration économique, culturelle et fonctionnelle de la méga-région Grand-Est est de plus en plus criante, dénoncée notamment par la Cour des comptes, l’annonce de la fusion du service médical d’Alsace-Moselle avec celui du Nord-Est est un nouveau défi au bon sens et à la raison et une nouvelle source d’inquiétude pour l’avenir de l’Alsace.

L’argument de l’efficience ne trompe plus personne. Il sonne faux dès lors qu’au guichet unique par département, bien identifié, sont préférés l’éclatement et le saucissonnage des domaines d’intervention au niveau de la région-grande-comme-deux-fois-la-Belgique :
– à Colmar la gestion des soins à l’étranger,
– à Strasbourg, Reims et Metz la reconnaissance des maladies professionnelles,
– dans la Marne et la Moselle le recours contre les tiers,
– à Strasbourg, la commission de recours.

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué et rajouter des déplacements et des coûts nouveaux ?

Cette fusion n’est pas simplement kafkaïenne. Elle est perverse et éminemment dangereuse pour les Alsaciens et les Mosellans. A l’évidence elle est destinée à apporter une nouvelle visibilité à la région Grand-Est qui pourtant n’a ni gagné en légitimité démocratique ni démontré sa pertinence économique. De fait elle prive l’Alsace et la Moselle d’une administration qui leur était attachée en propre. A un an de la création de la Collectivité européenne d’Alsace, cela interroge.

Certes les statuts de la CEA ne prévoient pas dans l’immédiat le retour à une politique de santé à l’échelle de l’Alsace, dans la proximité et en lien plus étroit avec les besoins locaux : l’Agence régionale de santé reste par définition à l’échelle du Grand Est. Néanmoins la spécificité du régime local d’assurance maladie d’Alsace-Moselle justifie qu’on ne détricote pas davantage les administrations d’Alsace et de Moselle ayant trait à la santé. Les Alsaciens ne tolèreront pas que l’on s’attaque à leur complémentaire santé, efficace, intergénérationnelle et solidaire, qui appartient à leur patrimoine et fait référence dans le monde entier. Cependant la menace se précise.

Unser Land invite les promoteurs de la CEA à refuser cette nouvelle spoliation et à exiger le maintien du service médical d’Alsace-Moselle. L’Alsace ne doit pas devenir une coquille vide. Le périmètre du droit local et du régime local d’assurance maladie est intangible et sacré !

 

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