L’annonce par le 1er ministre de la tenue du 2è tour des élections municipales le 28 juin, conditionnée à la situation sanitaire des semaines à venir, est au diapason de ce qui se passe en France depuis 3 mois. Incohérences, atermoiements, vérité un jour, contre-vérité le lendemain : le fil conducteur de l’action présidentielle et gouvernementale est des plus fragiles et peu susceptible de rassurer ou d’inspirer confiance.

Le maintien du 1er tour , la veille de la fermeture des crèches et des écoles et l’avant-veille d’un confinement généralisé, strict et sous surveillance policière, apparaît rétrospectivement dans toute son insoutenable absurdité et sa charge mortifère.

L’abstention record de plus de la moitié des électeurs s’est révélée une application spontanée, de bon sens populaire, du principe de précaution. Cependant, dans de telles proportions, elle entache la légitimité des résultats, y compris pour les majorités élues dès le premier tour. Aussi la décision de reporter le seul deuxième tour et d’en fixer la tenue dans une période de déconfinement conditionnel, de restrictions des libertés de déplacement et de réunion et dans un climat anxiogène entretenu par les médias, ne conduira pas à un scrutin serein.

Unser Land regrette que le processus électoral ne soit pas repris dans sa totalité, après annulation des résultats du premier tour. A défaut, le parti alsacien demande que, pour les communes sans majorité au soir du 15 mars dernier, le deuxième tour des élections se tienne lorsque la situation sanitaire sera à nouveau normale et selon un calendrier le plus favorable possible à cet exercice de démocratie locale de première importance.

L’organisation des élections dans une situation d’urgence sanitaire était une erreur. Persister en fixant le deuxième tour, sans toutes les garanties de faisabilité, dans cette même période insécure devient une faute.

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