Politique – Conseil départemental Frédéric Bierry : « ambition et sobriété » pour le Bas-Rhin

« Il va falloir renoncer à certaines politiques », explique le président du conseil départemental du Bas-Rhin. Pour autant, Frédéric Bierry affiche des ambitions pour sa collectivité.

Frédéric Bierry.  PHOTO DNA – Laurent Réa

Frédéric Bierry. PHOTO DNA – Laurent Réa

Hier soir, plusieurs centaines d’invités se pressaient à l’Hôtel du Département du Bas-Rhin. Cette rentrée politique de la collectivité et de son président élu en mars dernier, Frédéric Bierry (Les Républicains), rompt avec une vieille tradition : la « Journée du conseil général » marquée au Palais de la musique et des congrès dans le cadre de la Foire européenne de Strasbourg.

Trop chère, a estimé la nouvelle équipe, qui veut donner l’exemple d’une « sobriété » à laquelle appelle son président. « Il nous faut en effet sauver le Département de la faillite », n’hésite pas à dire Frédéric Bierry. Hier matin, devant la presse, il annonçait qu’il faudrait « renoncer à certaines politiques », et que le remue-méninges pour y réfléchir était lancé dans sa majorité, en lien avec l’opposition.

300 millions d’€ en moins

Car, calcule-t-il, il va très vite manquer 300 millions d’€ à un budget d’un milliard. La baisse des dotations décidée par le gouvernement, la perte d’une partie de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) et surtout la non-compensation accrue des prestations sociales que verse le Département s’additionnent : le budget 2017, celui qui subira la totalité de ce triple effet, sera des plus complexes.

« Mon prédécesseur, Guy-Dominique Kennel, a fait des économies, les marges sont limitées », notre Frédéric Bierry. On ne touchera pas aux « symboles » (la Maison de l’Alsace à Paris, le Haut-Koenigsbourg, le Vaisseau à Strasbourg) mais, par ailleurs, « rien n’est tabou ». Le Département, demain, sera « sobre et modeste ».

Pour autant, il ne renonce pas à l’« ambition ». Par exemple : « renforcer les liens internes et externes ». Sur ce chapitre, Frédéric Bierry insiste sur « la lisibilité de l’action publique » du Département. « Les gens attendent du compréhensible et de l’humain ».

Des « assises de l’engagement » en novembre

Avec communes et intercommunalités, comme avec le tissu associatif, il entend jouer « le facilitateur » plus que « le tiroir-caisse ». L’agence d’ingénierie publique sera l’outil des relations avec le bloc communal, tandis que des « assises de l’engagement » auront lieu en novembre avec les associations. De même, il se félicite de l’évolution des relations avec l’Eurométropole de Strasbourg : « Robert Herrmann a évolué, il ne parle plus d’une solution « à la lyonnaise » [où la métropole exerce toutes les compétences du Département sur son territoire], mais nous travaillons sur les synergies possibles ».

Questionné sur le destin de l’ADIRA, l’agence de développement économique du Bas-Rhin, Frédéric Bierry rappelle que la loi permet aux départements de financer de telles agences jusqu’au 1er janvier 2017. Même si la loi lui interdit dorénavant l’aide aux entreprises, le Département restera compétent sur l’emploi et, ajoute-t-il, assurera le contact avec le tissu économique sur le terrain, mieux que la grande région.

Share This