Les plaques minéralogiques corses affichent le drapeau corse à la tête de Maure, universellement reconnu. De même les voitures bretonnes arborent très officiellement le Gwenn-ha-du. Et la Collectivité dite « Européenne » d’Alsace se donne comme marque de reconnaissance… un bretzel ! Pourquoi pas un kouglof ou une knackwurst ? Quelle farce pitoyable et quelle désillusion pour ceux qui misaient sur un retour et une affirmation de l’Alsace ! 

La jubilation des promoteurs de la CEA posant en photo derrière un logo commercial, un gadget publicitaire, censé symboliser l’Alsace en dit long sur leur inaptitude à incarner la légitime exigence — plutôt que le « désir » — d’Alsace exprimé de multiples façons par 83 % des Alsaciens depuis 5 ans.

Après avoir capitulé face au diktat parisien qui rayait l’Alsace de la carte des régions, et récemment renoncé à la sortie du Grand Est et à l’octroi d’un statut particulier, « nos » élus deviennent les complices de l’effacement symbolique de l’Alsace comme entité historique et comme peuple. En refusant de reconnaître le Rot un Wiss, choisi à l’unanimité pour drapeau par le Parlement alsacien-lorrain de 1911, redécouvert et adopté par les Alsaciens depuis les premières manifestations contre la mégarégion, nos élus sont à côté de la plaque — d’immatriculation — et loin des attentes des Alsaciens. Pourtant les automobilistes ont pris les devants en masquant le logo honni du Grand Est avec des autocollants aux couleurs et au nom de l’Alsace.

On se souvient que l’ex-président Richert, qui avait refusé d’organiser le référendum demandé par 117 000 pétitionnaires et électeurs sur précisément l’avenir institutionnel de l’Alsace, avait lancé un sondage sur le nom à donner à la mégarégion. Pour finalement passer outre les propositions de ceux qui s’étaient prêtés à l’exercice et imposer unilatéralement le nom « Grand Est ». Les promoteurs de la CEA ne cherchent même pas à donner l’impression de se soucier de l’avis des Alsaciens. 

Face à Paris, les élus alsaciens sont honteux de leur identité, et ils nous font honte. Velléitaires, ils sont de fait ridicules, inutiles et contre-productifs dans le combat pour la renaissance et l’affirmation de notre Heimet. Car ce combat suppose un minimum d’ambition, de courage et de conviction. Il passe par la fierté retrouvée d’être ce que nous sommes, par la connaissance de notre histoire et par la revendication de nos droits.

C’est le combat d’Unser Land. Nous continuerons de le mener derrière le drapeau de l’Alsace, légitime, populaire, identifiable et fédérateur.

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