logo_carre_CMJN lalsace

Huguette et Hervé Ott, candidats pour Unser Land aux élections départementales dans le canton de Saint-Louis, ont tenu une réunion publique mardi à la Maison des associations à Rosenau, en présence d’une vingtaine de personnes.

Jeudi 19/03 par Nicole Grentzinger

 

 

la-reunion-publique-d-unser-land-a-donne-lieu-a-un-debat-muscle-entre-herve-ott-et-thierry-litzler-maire-de-rosenau-photo-l-alsace

D’entrée de jeu, Hervé Ott, candidat aux élections départementales, en binôme avec sa sœur Huguette dans le canton de Saint-Louis, a annoncé la couleur, mardi soir à Rosenau : « Pas de bla-bla, des faits ». Et a de suite dressé ce constat, terrible pour Unser Land dont il défend les couleurs : « En 1900, 100 % de la population parlait l’alsacien en Alsace. En raison du renouvellement des locuteurs, ils ne sont plus que 15 % aujourd’hui. Notre langue s’écroule et l’Éducation nationale est largement responsable de cet état de fait. » Mais ni Hervé Ott, ni sa sœur Huguette n’avaient entendu parler de l’enseignement de l’alsacien et de la démarche en sa faveur menée par la communauté de communes des Trois frontières. Dans sa présentation, l’économiste de formation, spécialisé dans la macro-économie, s’est longuement étendu sur le bilinguisme, la courbe du chômage en Alsace, qu’il a comparée d’une part avec Bâle et d’autre part avec le reste de la France. « On paye aujourd’hui le prix du monolinguisme en matière d’emplois. » Le binôme s’est aussi attaqué à l’Éducation nationale, à l’État, au parisianisme, à la reforme territoriale. « Nous convergeons vers la médiocrité française… Si on est candidat, ma sœur et moi, c’est qu’on est farouchement opposé à ce que l’Alca (Alsace-Lorraine-Champage-Ardenne) devienne une province parisienne. » Voilà qui est clair ! Hervé Ott a dénoncé, en vrac, le régime des fonctionnaires et l’impuissance des politiques alsaciens. « Jean-Dominique Kennel et Philippe Richert, bien trop mous. Charles Buttner, qui a fait capoter le conseil unique en 2013. » L’impérialisme de l’État français aussi, « et ses multiples strates. Unser Land propose de faire le toilettage de ce magma opaque ».

Une Alsace libre et indépendante

Parmi ses projets, le binôme n’a que peu évoqué le département. Mais milite pour une Alsace libre et indépendante, avec la création d’un service public alsacien et européen, une fluidification du transport routier « avec la création de ronds-points » , La mise en place d’une écotaxe qui servirait à financer le ferroutage, l’arrêt de la centrale de Fessenheim en investissant « dans autre chose », la régionalisation de la production hydroélectrique sur le Rhin, une assurance-maladie autonome, entièrement financée en Alsace et une « paix du travail, comme en Suisse ». Après s’être longuement étendu sur la question des travailleurs frontaliers, présents en nombre dans la salle, Hervé Ott s’est fait bousculer, du moins dans ses idées, par Thierry Litzler, maire de Rosenau, qui a quelque peu démonté les arguments développés par le candidat. Le maire-juriste a expliqué, une fois de plus si cela devait être nécessaire, pourquoi seule une loi pourrait rendre l’Alsace aux Alsaciens. La discussion est encore montée d’un ton lorsque les deux hommes ont débattu de la signification du mot République. Mais la petite discussion entre amis – ils se connaissent depuis vingt ans – s’est achevée sur un même mot d’ordre : « La démocratie doit s’exprimer par le vote. Allez voter les 22 et 29 mars. »

Share This