Vers la catastrophe économique et linguistique ?

1.- Des engagements non tenus.

Les engagements (écrits) du candidat Nicolas Sarkozy en 2007 de mettre dans une loi toutes les 39 dispositions que la France avait acceptées lors de sa signature de la Charte Européenne des langues régionales ou minoritaires n’ont pas été tenus. Un article de principe a été introduit dans la Constitution, mais ces engagements présidentiels n’ont pas été suivis d’effets.

Une majorité d’Alsaciens ont fait confiance au Président Nicolas Sarkozy. En tout cas, c’est une immense déception…

Nous lançons un appel au nouveau ministre alsacien chargé des collectivités territoriales afin qu’il mette en oeuvre les engagements du Président Nicolas Sarkozy : en effet l’article 75-1 de la Constitution est dans la partie concernant ces collectivités et personne en Alsace ne comprendrait que Philippe Ric hert ert à la fois Président Régional et Ministre des collectivités ne prenne pas en charge à bras le corps et ne mène pas à bon port ce dossier si important de la langue régionale. C’est aux actes que nos dirigeants seront jugés, non aux paroles !

2.- La Convention 2007-2013. Bilan désolant à mi-chemin.

La convention 2007-2013 portant sur les langues vivantes prenant appui sur l’apprentissage de la langue régionale (dans ses deux dimensions) a prévu le doublement des effectifs bilingues dans chaque département en priorité dans le 1er degré.

Ceci aurait supposé depuis 2007, chaque année, l’accueil d’environ 2500 enfants de plus, soit la création d’une centaine de classes de 25 élèves environ. C’est-à-dire 50 classes bilingues par an et par département. Or le rythme d’ouverture annuel des deux dernières années n’est que de 37 classes par département.

En deux mots, cette convention déjà jugée « au rabais » et très minimaliste par une grande partie des responsables politiques, des parents, et les associations n’est réalisée au mieux qu’aux 2/3. Nous constatons de plus en plus que le rythme va encore baisser sans que nos grands élus ne veuillent protester : croient-ils que seules des déclarations suffiront alors que 25 % de nos jeunes sont au chômage contre 2 % dans les pays voisins !

Il est facile de constater une baisse de régime des créations dans le Bas-Rhin qui passe de 8 sites ouverts en 2009 à 3 en 2010 et une dans le Haut-Rhin qui passe de 12 sites ouverts en 2009 à 10 en 2010. Qu’en sera t-il en 2011 et 2012 ?

Si l’Alsace disposait du même rythme de développement que le Pays Basque (Pyrénées Atlantiques) ou la Corse, la situation se présenterait de manière bien plus positive : la Corse est à 40% des élèves bilingues au primaire et le Pays Basque à plus de 50%. Ce rythme de croisière insuffisant dans notre Région amène des questionnements sur la volonté de nos élus face à l’administration scolaire de favoriser un retour au bilinguisme en Alsace : peut-être que pour nos élus la langue régionale n’est toujours pas une véritable priorité ?

Il est difficile d’admettre que l’on trouve assez d’enseignants de Corse, alors que l’on avance depuis plus de 35 ans le manque d’enseignants maîtrisant l’allemand en Alsace. Le quotient de 40% d’enseignants bilingues/an prévu en Corse est strictement respecté dans cette région y compris pour 2011.

La convention alsacienne, bien moins ambitieuse, n’est pas respectée pour 2011 :

  • L’absence de CAPES-bivalents en Alsace représente un véritable goulot d’étranglement pour l’enseignement bilingue au secondaire. Les autres régions en disposent !
  • Le concours de recrutement spécial de professeurs des écoles (voie langue régionale), à 70% en français, ferme la porte à la plupart des candidats germanophones natifs. Le sommet a été atteint en 2010, 15 postes sur 50 n’ont pas été attribués et ont été transférés sur le concours monolingue. L’Alsace est la Région où ce glissement a été le plus important ces dernières années. Il semble que l’allemand parlé par 100 millions d’Européens soit devenu une langue rare !

La Convention 2007-2013 fortement minimaliste n’est pas respectée. En contrepartie de 3 millions € payés par la Région et les deux Départements, l’Etat s’était engagé à recruter annuellement au moins 50 postes, il n’en a prévu que 25 pour 2011.

Au lieu de protester, nos élus justifient la pénurie !

Depuis 1982, l’Académie de Strasbourg se présente abusivement comme une « académie-pilote » pour l’enseignement de l’allemand.

C’est en Alsace que l’administration tient le moins ses engagements, pourtant c’est ici qu’on a le plus besoin de l’enseignement bilingue français/langue régionale. Les demandes des associations restent sans réponse véritable. Nous pensons que la disparition des dialectes et de l’allemand depuis 65 ans est totalement voulue.

Nous pensons que la politique archaïque issue de l’idéologie totalitaire et centralisatrice n’est pas encore abandonnée dans les rouages de l’état. C’est ce qui contribue au  » mal être  » des régions de France et à leur appauvrissement culturel et économique.

 

Signé par les 3 Présidents des Associations le jeudi 9 décembre 2010 :

François Schaffner, Culture et Bilinguisme

Gérard Cronenberger, président de l’Aéplal

Henri Scherb, Heimetsproch un Tràdition

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