Premier parti d’Alsace: les abstentionnistes

Ils sont plus de 700.000 Alsaciens à ne pas s’être déplacés dimanche et plus de 20.000 à avoir voté blanc ou nul.

Faut-il vraiment s’en étonner ?

Aujourd’hui les compétences du conseil régional sont mal connues, la visibilité de cette institution est complètement brouillée par le lobbying des départements et par le fameux « millefeuille administratif » dont nous savons tous qu’il est l’illustration parfaite du « diviser pour régner ».

Et que dire du mode de scrutin, trafiqué avant chaque élection par les partis nationaux (PS, UMP) en place ?

Ce n’est un secret pour personne : les règles du jeu sont conçues pour assurer l’hégémonie de l’UMP et du PS en éliminant tous les autres partis. Les élections régionales sont certes (encore) un scrutin de liste à la proportionnelle, mais tout un arsenal de restrictions permet de les transformer en match UMP-PS-(FN) : barre des 5% pour fusionner, barre de 10% pour se maintenir, scrutin en deux tours, prime à la liste arrivée en tête …

Et, si nous ne faisons rien, dans 4 ans nous aurons droit à un scrutin encore plus anti-démocratique (scrutin uninominal) qui assurera aux barons UMP et autres notables une rente à vie.

Quand la démocratie est dévoyée à ce point, faut-il vraiment s’étonner de la défiance des électeurs ?

Quant à la presse en général, il faudrait également qu’elle s’interroge sur sa part de responsabilité. Laissons ici de côté la presse nationale (parisienne) pour qui les élections régionales n’ont d’intérêt que vues à travers le prisme des intrigues de palais entre présidentiables. Parlons plutôt de la presse régionale, concernée en première ligne par le scrutin.

Où était le débat d’idées ? Où était l’exposé critique et comparatif des programmes ? Où était le débat sur les vrais enjeux : bilinguisme, fusion des collectivités ? Alors que nous sommes à quelques semaines d’une réforme fondamentale des institutions alsaciennes, qui en a parlé ?

De trop rares articles de fond étaient noyés au milieu des polémiques artificielles, des petites phrases sorties de leur contexte, des questions déplacées… Nous ne pouvons que déplorer cette vision du journalisme qui cache les vrais enjeux et fait courir de graves risques à la démocratie.

« … je me voyais déjà, en haut de l’affiche… »

A voir la mine déconfite de Jacques Fernique au soir du premier tour, les résultats enregistrés par Europe Ecologie Alsace ne correspondaient visiblement pas à ses attentes, lui qui se voyait déjà devant les socialistes et l’UMP.

Nul doute que son attitude vis-à-vis d’UNSER LAND et son désintérêt pour la cause alsacienne ont sérieusement écorné l’image de rassembleur qu’il souhaitait se donner et, au final, lui ont coûté quelques précieuses voix.

Il faut ajouter à cela les révélations sur son passé politique (ancien militant de Lutte Ouvrière), qui ont été exploitées par l’UMP dans les derniers jours de la campagne. Ces derniers n’ont pas hésité à qualifier les écologistes de « Khmers verts ». Assurément l’expression est outrancière et déplacée vis-à-vis des militants écologistes sincères (et il y en a). Néanmoins, en matière de procès en sorcellerie ou en «déviance», force est de constater que, chez certains, toute ressemblance n’est pas fortuite.

Des motifs de satisfaction…

Un chiffre : 94 voix. C’est ce qu’il aura manqué à Alsace d’Abord pour atteindre la barre des 5%. C’est une claque pour eux et un véritable motif de satisfaction pour ceux qui mesurent tout le mal que ce mouvement pseudo-régionaliste fait à la cause alsacienne.

Il suffisait de lire les articles publiés récemment sur leur site pour comprendre d’où ce parti tire son inspiration idéologique : de la Ligue du Nord et de l’UDC Suisse. Dans l’article écrit (en français !) par Oskar Freysinger, de l’UDC, ces apôtres de la xénophobie osent encore chercher des justifications théologiques à leurs tirades haineuses.

Nous ne savons pas si les 94 voix manquantes sont une punition divine, mais, assurément, il nous plait d’y croire.

Quant au MODEM, certes il n’aura pas réussi son pari d’atteindre la barre de 5%. Ses résultats sont ainsi conformes à la moyenne française. Il faut néanmoins saluer le travail remarquable fourni par Yann Wehrling et son équipe. Pour les raisons évoquées plus haut, le déroulement de la campagne électorale n’aura malheureusement pas permis à « Alsace démocrate » d’exposer en détail le projet de société, qui leur a valu notre soutien.

Autre fait marquant de la campagne : désormais tout le monde (ou presque) se vante d’être favorable au bilinguisme et à l’identité alsacienne. Les thèmes que nous défendons depuis des décennies sont désormais repris par la majorité des partis politiques. L’opinion publique alsacienne a donné un signal clair en ce sens. Evidemment, il ne faut pas être dupe : il y a beaucoup de marketing là-dessous et pour de nombreuses années encore, notre parti restera le seul digne de foi sur ces sujets. Mais cela veut dire que, désormais, nos adversaires sont obligés de cacher leurs intentions. Les élucubrations grossmanniennes sont plus que jamais en décalage total avec la réalité et les aspirations des Alsaciens.

Enfin, ces élections auront montré qu’UNSER LAND est le seul parti alsacien capable de former des alliances et de construire des majorités à l’avenir. Nous avons également démontré que nous ne formions pas des alliances à n’importe quel prix. C’est assurément notre fidélité à l’Alsace qui a causé notre exclusion d’Europe Ecologie. Nous sommes fiers d’avoir tenu tête à ceux qui voulaient nous réduire au silence après avoir trahi leurs promesses.

C’est avec beaucoup d’optimisme que nous abordons les temps à venir. UNSER LAND a gagné en notoriété, ses soutiens sont toujours plus nombreux et le parti peut compter sur la motivation de ses membres ainsi que sur des finances absolument saines.

La prochaine assemblée générale sera l’occasion de donner le véritable « top départ » pour notre mouvement, vous pouvez d’ores et déjà y contribuer de devenant membre.

Mit Volldampf im voraus !

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