Strasbourg, le 21 janvier 2019

Monsieur le président de la République,

Dans le contexte très particulier d’une crise sociétale mettant en cause les institutions mêmes, vous avez appelé les citoyens à participer à un grand débat national.

Unser Land est un parti politique, parfaitement respectueux des règles de la vie démocratique de la France, qui défend le bonheur de vivre et la fierté d’exister dans leur bassin de vie des habitants de l’Alsace.

Unser Land a été le 3e parti politique, en nombre de voix, dans les départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, lors du dernier scrutin des élections régionales.

Ses couleurs sont le rouge et blanc du drapeau historique de l’Alsace. On les voit déployées spontanément dans les rassemblements comme ceux des gilets jaunes.

Unser Land avait prévenu les forces politiques traditionnelles de l’ineptie et des conséquences funestes qu’aurait à terme la conglomération de la région Alsace dans un ensemble artificiel et inefficace à plus d’un titre appelé depuis le Grand Est.

Notre participation au grand débat national que vous avez initié vous est acquise, car nous voulons croire que la concertation entre le pouvoir que vous représentez et les citoyens dans leurs territoires aura cette fois un effet conforme à leurs attentes sans nuire, bien au contraire, aux intérêts supérieurs de la nation. La sortie de l’Alsace de la Région Grand Est et la constitution d’une collectivité spécifique disposant en droit des compétences économiques, sociales, éducatives, culturelles propres à lui assurer son plein épanouissement sont désormais une urgence.

L’État doit montrer que la volonté affichée de décentralisation et de rapprochement du pouvoir de décision de ses citoyens n’est pas qu’un concept agité de temps en temps lors des poussées de fièvre des populations « périphériques ».

Il est en votre pouvoir, monsieur le président de la République, d’ajuster le découpage de nos régions voulu par votre prédécesseur et compris chez nous comme un acte autoritariste de l’absolutisme présidentiel dévoyant l’esprit même de la Constitution de la 5e République.

Cette correction des périmètres de la région Grand Est, trois années après sa création, est une nécessité et une opportunité. Cela répond à l’aspiration des Alsaciens à vouloir se prendre en main dans leur bassin de vie. Cela devrait également apporter de la sérénité dans une technostructure administrative qui, aujourd’hui, cumule notamment tensions internes, inefficacité opérationnelle, surcoûts des frais de fonctionnement et de propagande et augmentation de la dette.

Rendre à l’Alsace sa dignité en la reconstituant en Région à part entière et en la reconnaissant comme collectivité à statut particulier serait une décision de nature à redonner une nécessaire confiance en nos institutions ainsi que dans leur faculté à corriger les erreurs du passé.

Rendre aussi à sa population et à ses représentants toute leur capacité d’initiative ne pourra que favoriser la création des richesses propres à alimenter la solidarité nationale et à contribuer plus efficacement au rayonnement de la France en Europe.

Unser Land vous prie instamment, monsieur le président de la République, d’entendre cette demande que nous sommes tant à porter désormais au-delà des clivages politiques. Pour ouvrir de nouvelles perspectives à l’Alsace et à la France, vous devez affranchir la future Collectivité européenne d’Alsace de la tutelle contre-productive du Grand Est : évitez-lui un échelon inutile entre elle et l’État et accordez-lui le statut particulier que prévoit l’article 72 de la Constitution.

 

Nous vous prions d’agréer, monsieur le président de la République, l’expression de notre très haute considération.

 

Andrée MUNCHENBACH
Présidente d’Unser Land

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