Objet : Happy Easter in the Rhine Valley !

Madame la Présidente,

Par la présente, Unser Land vous félicite pour le message pascal que vous avez adressé en allemand aux habitants de Breisach. Wir gratulieren Ihnen. Nous nous réjouissons des prochains discours que vous prononcerez, au moins en partie, en allemand ou en Elsasserditsch devant vos  concitoyens, puisqu’il faudra bientôt donner du sens à la future Collectivité européenne d’Alsace proclamée « chef de file » pour la promotion de l’allemand standard et des dialectes alsaciens.

La partie s’annonce difficile. Paru au journal officiel du 3 avril, en pleine crise sanitaire, un décret inique impose l’hégémonie de l’anglais dans le parcours scolaire et universitaire : dorénavant il faudra une certification en anglais pour la délivrance des licences, BTS et DUT… dans toute la France. Sans égards pour la situation particulière de l’Alsace.

Soit le gouvernement et les hauts fonctionnaires parisiens ont oublié leurs maigres engagements en réponse au « désir d’Alsace », soit, passé le temps de l’enfumage, ils ont décidé de rappeler à la triste réalité de l’uniformité hexagonale ceux qui se faisaient quelques illusions.

Dans quelle langue vous-même et votre homologue du Bas-Rhin, M. Bierry. allez-vous dénoncer ce nouveau diktat, cet oukaze, qui compromet l’avenir du bilinguisme français-allemand, vital dans notre région, et qui vide de sa substance la future institution alsacienne ? Vous insurgerez-vous contre ce coup de canif dans la coopération transfrontalière dans la vallée du Rhin, cette insulte au traité de l’Elysée et au Aachener Vertrag, infligée au moment même où nos voisins germanophones, allemands, suisses, luxembourgeois et autrichiens accueillent dans leurs hôpitaux les victimes du Covid 19 et de l’indigence de l’Etat français ?

Jusqu’à quel point les Alsaciens avaleront-ils des couleuvres et se satisferont-ils de vessies en guise de lanternes ?

Le décret du 3 avril est absurde et mortifère en particulier pour l’Alsace et la Moselle. Unser Land vous exhorte à exiger son retrait ou du moins son adaptation à la réalité et aux besoins de notre région. Les Alsaciens veulent disposer des moyens de promouvoir et développer l’allemand : notre langue régionale mais aussi la langue de plus de 100 millions de nos voisins européens !

Dans cette attente, nous vous prions d’agréer nos sentiments les meilleurs,

in elsässischer Verbundenheit,

Andrée Munchenbach

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