En ce 10 décembre 2016, Hervé Ott, candidat Unser Land aux prochaines élections Législatives, s’est adressé par courrier à Najat Vallaud Belkacem, Ministre de l’Éducation Nationale, pour réclamer le respect de nos traditions.


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Saint-Louis,

Le 10 décembre 2016

 

Madame la Ministre,

Les directrices de deux écoles maternelles de Huningue au sud de l’Alsace provoquent une vague d’indignation pour n’avoir pas respecté une tradition alsacienne multiséculaire. Pour la première fois de leur histoire ces écoles n’accueillent pas Sankt Niklaus, le Saint Nicolas, « patron des écoliers ». Au prétexte de la laïcité.

Nous dénonçons une grave maladresse voire un manquement à la mission éducative de ces enseignantes à plus d’un titre.

L’ouvrage de référence de Bruno Bettelheim Psychanalyse des contes de fées démontre l’importance des récits transmis de génération en génération dans la formation de l’enfant, par la réponse apportée à ses angoisses. La transmission des récits populaires et des traditions locales ou régionales contribuent en outre à donner des repères et des racines, y compris aux enfants venus d’ailleurs. Des racines pour qu’ils aient des ailes !

L’histoire du Saint Nicolas mise en scène chaque année autour du 6 décembre s’inscrit dans cette transmission. Les valeurs portées par ce personnage de la tradition populaire viennent en appui au projet pédagogique dont l’école est le cadre : la bonne volonté et le travail des écoliers sont récompensés. Le passage de cette figure légendaire haute en couleurs est un événement attendu, traité généralement de manière festive et conviviale, un moment d’émotion et de partage qui marque le temps scolaire.

Nous déplorons un geste malheureux de rupture avec une tradition culturelle populaire dont l’origine et la coloration religieuses deviennent anecdotiques. Une telle remise en cause touche à l’intime et constitue une offense et une violence à notre identité commune. Une telle application, sans discernement et fausse, des principes de la laïcité va inévitablement susciter ou aviver des tensions entre les différentes cultures présentes dans notre région, au lieu de les apaiser.

Nous dénonçons par ailleurs une méconnaissance du statut particulier de l’Alsace-Moselle. Nous ne sommes pas concernés par les dispositifs législatifs de 1905 qui limitent la présence du religieux dans l’espace public. Au demeurant, une récente jurisprudence du Conseil d’État, développée au sujet des crèches de Noël, applicable à l’ensemble du territoire national, autorise une interprétation moins rigide de ceux-ci : elle admet la présence de crèches dans l’espace public dès lors que la dimension culturelle est dominante et qu’il n’y a pas d’intention de prosélytisme. Nous sommes dans ce cas de figure.

Nous considérons que sous le couvert du principe de laïcité, les enseignantes de Huningue s’en prennent à des traditions culturelles régionales, admises par tout le monde et vécues positivement. Cela n’est pas sans rappeler de mauvais souvenirs en Alsace : durant l’annexion nazie ces traditions et les références religieuses avaient été niées et combattues.

Il nous paraît urgent de rappeler aux enseignants qui relèvent de votre ministère leur devoir de discernement et de respect à l’égard de la culture et des traditions de la région dans laquelle ils exercent.

Dans cette attente, nous vous prions, Madame d’agréer l’expression de nos salutations alsaciennes.

 

Hervé Ott


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Sankt Niklaus ou Saint Nicolas, un de nos pilier dans notre tradition.

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