En quoi consiste ce projet ?

Le président de la République française et son gouvernement, reprenant un projet initié par Sarkozy, envisagent de diminuer drastiquement le nombre de régions en les fusionnant entre elles. Ainsi, il est prévu de fusionner l’Alsace avec Lorraine.

Pourquoi parler d’ « annexion de force » ?

Motivé par des considérations politiciennes, ce projet a été conçu dans la précipitation et sans aucune consultation des populations concernées, ni des responsables de la société civile. Bien que ce projet de loi ait des conséquences très importantes pour les citoyens, le gouvernement n’a pas prévu de le soumettre au référendum. Le texte ne sera examiné que par le Parlement à Paris. Ainsi, ce sont les votes des députés – des Deux-Sèvres, de la Creuse ou d’ailleurs – qui décideront de l’avenir de l’Alsace.

Que fera-t-on de l’avis des Alsaciens dont 80% sont attachés au maintien de leur région ? Que ce soit sur le fond ou la forme, cette proposition de réforme est un scandale et un déni de démocratie absolu.

En quoi l’Alsace est-elle menacée ?

L’Alsace est une réalité géographique, économique, culturelle, linguistique et historique. Vouloir l’incorporer de force dans un ensemble plus vaste, c’est non seulement insensé mais également dangereux. En effet, comment assurer la représentation des intérêts alsaciens si l’Alsace n’existe plus ? Impossible. Il y a 2.4 millions de Lorrains contre 1.8 millions d’Alsaciens, de fait les Alsaciens se retrouveraient en minorité dans le nouvel ensemble et ne pourront plus faire valoir leurs intérêts. Et peu importe où sera le siège de l’Assemblée, que soit à Strasbourg, Metz ou Nancy.

Que cela changerait-il dans ma vie quotidienne ?

Dans ce monde où le citoyen est submergé d’informations superflues, on en oublie parfois l’essentiel. Les décisions importantes ont cela en commun qu’elles modifient lentement mais en profondeur la vie quotidienne et cela pour des décennies. Ces décisions sont souvent irréversibles.

Une disparition de l’Alsace aurait à terme des conséquences graves et irréversibles dans tous les domaines de la vie courante. En premier lieu, c’est ce qu’il y a de plus profond en nous, notre identité, qui serait touché de plein fouet et, avec elle, tout ce qui fait la richesse et la réputation de l’Alsace.

Les budgets pour l’enseignement de notre langue régionale (allemand écrit et dialectal), déjà insuffisants, seraient inévitablement remis en question par cette nouvelle région, très largement francophone. L’organisation des transports ferroviaires et la formation professionnelle subiront le même sort. Enfin, tôt ou tard, la prétendue « égalité républicaine » sera également invoquée pour supprimer le Droit Local (jours fériés, statut des cultes et des associations, assurance maladie, etc.) dont nous bénéficions.

Il en résulterait un appauvrissement économique, culturel et identitaire des Alsaciens.

Que reprochons-nous aux Lorrains ?

Absolument rien. L’Alsace a vocation à vivre en paix et en amitié avec l’ensemble de ses voisins. Toutefois, ce n’est pas parce que l’on s’entend bien avec son voisin qu’il faut accepter de se faire marier de force avec lui, a fortiori si cela n’a aucun sens.

L’Alsace-Lorraine, c’est pourtant logique car « historique »…

Non, c’est une mystification totale. L’Alsace et la Lorraine n’ont jamais formé une entité politique commune. Seule la Moselle a partagé une courte histoire commune avec l’Alsace entre 1871 et 1918. L’ensemble que l’on tente de nous imposer comporte par contre l’ensemble des départements lorrains, dont les trois départements entièrement francophones que sont la Meuse, la Meurthe-et-Moselle et les Vosges. Ainsi, le concept « Alsace-Lorraine » sonne peut-être bien à Paris mais, dans les faits, il n’a absolument aucune justification historique.

L’Alsace est trop petite, il faut des régions plus grandes…

Il faut d’abord des régions qui correspondent à la réalité quotidienne, à un territoire auquel les citoyens s’identifient. L’efficacité et la prospérité d’une région ne se mesurent par à sa taille mais à sa cohérence et au pouvoir dont elle dispose. Ainsi, l’Allemagne compte des Länder de taille aussi variée que la Bavière, la Ville de Hambourg ou la Sarre. Mais tous ont en commun une chose : leur force se base sur une autonomie administrative, un territoire historique, et une identité forte dans laquelle les citoyens se reconnaissent. L’Alsace est un de ces territoires, ceux qui le nient veulent en fait détruire l’Alsace.

Que proposons-nous ?

La France est un pays en faillite morale et économique, empêtré dans son centralisme. Ce système étouffe l’Alsace et ses citoyens. Il est urgent d’agir en renforçant le pouvoir régional alsacien. En donnant à l’Alsace des moyens et un pouvoir similaire aux autres régions européennes, nous donnerons un avenir à notre économie, notre langue et notre identité.

Il faut ainsi entièrement régionaliser les services de l’Etat (préfectures, rectorat d’académie…) afin que ces institutions soient placées au service de l’Alsace et sous le contrôle démocratique des alsaciens.

Il faut également supprimer les départements, ces anachronismes coûteux et inutiles. Face à la mondialisation et au centralisme parisien, il est temps de nous rassembler autour de notre région car ces divisions artificielles ne profitent qu’à Paris. Nous en avons eu la preuve lors du référendum pour le Conseil d’Alsace. Même si 57% des Alsaciens s’étaient prononcés pour le projet, des rivalités de clocher ont fait échouer ce projet et placent maintenant l’Alsace en danger de mort.

Pourquoi agir ?

« Celui qui se fait ver de terre ne doit pas se plaindre s’il se fait piétiner » (Kant). Ne rien faire, se taire, laisser place au fatalisme, c’est accepter ce projet absurde et dangereux. A Paris, on pense que l’on peut humilier et asservir les Alsaciens sans aucun risque. Faut-il leur donner raison ? Les Bretons et les Corses ont évité le démantèlement de le leur région parce qu’ils ont su se mobiliser et être solidaires. Mobilisons-nous à notre façon !

Comment agir ?

Peu importe la façon, l’important est que chacun agisse, en fonction de ses possibilités. Nous vous proposons :

  • de parler autour de vous de ce projet et de faire pression sur vos élus
  • de signer et faire signer la pétition sur le site www.sauvonslalsace.org
  • de poser un ruban noir sur les panneaux d’entrée de votre commune
  • de porter haut les couleurs de l’Alsace, le rouge et blanc, sur votre habitation et sur votre véhicule
  • de nous soutenir financièrement et/ou matériellement dans notre action pour l’Alsace
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