Dans les Dna et autres journaux régionaux de ce dimanche 8 juillet, Jean Rottner nous refait, sans complexes, le coup de la pétition. Au prix de pleines pages de publicité — comptées dans l’explosion du budget de communication grandestien ? – il joue au défenseur des gares TGV secondaires face à la suppression par la SNCF de liaisons TGV entre la Lorraine et le sud de la France (vers les réjouissances de Cannes ou d’Avignon…?).

Les quelque 60 000 Alsaciens signataires de la pétition lancée avec éclat par le même Rottner en juillet 2014 contre le projet de création de la région Grand Est se rappelleront sans peine sa trahison quelques mois plus tard lorsqu’il en devint le vice-président et ensuite l’opportuniste président. Compte-t-il récidiver en utilisant les contacts mails pour sa prochaine campagne électorale ?

M. Rottner, qui a besoin de redorer son blason, privilégie l’exploitation médiatique d’un dossier au lieu d’en présenter une analyse factuelle et comptable. Son rôle ne serait-il pas plutôt de négocier avec la SNCF ? Malgré des communications incessantes vantant les avantages du gigantisme et la puissance de la nouvelle région, il fait la démonstration inverse. La région pèse bien peu, pour qu’il lui faille ameuter l’opinion publique autour d’une pétition.

Sur le fond : la réorganisation des services n’est pas un choix punitif de la SNCF contre la région Grand Est. La Cour des comptes elle-même a rappelé que nombre de services TGV secondaires sont déficitaires. C’est ce qu’indique le rapport 2014 de la SNCF, intitulé « La grande vitesse ferroviaire : un modèle porté au-delà de sa pertinence de 2014 ». Ces éléments ont été confirmés par le récent rapport Spinetta.

La publicité de Jean Rottner ne dit pas combien la région Grand Est est encore prête à mettre au pot pour faire circuler des rames TGV déficitaires. Car il va bien falloir combler ces déficits auxquels conduisent les demandes des élus. Les investissements se faisant selon le principe des vases communicants, la question pourrait être posée de l’impact des investissements consacrés au développement du TGV sur ceux destinés aux dessertes plus locales et quotidiennes, qui font vivre les territoires. Au lieu d’une opération de communication, c’est un débat sur l’aménagement du territoire et un exercice de budget participatif que M. Rottner aurait pu proposer à ses administrés.

Dans un objectif responsable de limitation et de réduction des déficits et de pérennisation du service public, les fonds mobilisés par M. Rottner pour la médiatisation d’une pétition, qui sera sans effet, auraient pu être bien plus utilement investis dans une stratégie d’incitation à l’utilisation des transports en commun, notamment ferroviaires.

Face à l’inconsequence à grande échelle des décideurs qui sont à la manoeuvre, Unser Land appelle les Alsaciens à se mobiliser pour décrocher au plus vite l’Alsace des wagons grandestiens.

L’Alsace n’est pas le jouet de M. Rottner !

Share This