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Voulant sortir de la logique des partis nationaux auxquels ils se posent en alternative, les sans étiquette Olivier Boule et Catherine Dahmane revendiquent la bannière Rot un Wiss et fédéraliste en prônant un mandat de proximité.

 

 

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Huguette Françon, Catherine Dahmane, Olivier Boule et Denis Albisser. PHOTO DNA – Nicolas LEHR

 

Une proximité qu’Olivier Boule, Catherine Dahmane et leurs remplaçants Denis Albisser et Huguette Françon ont mise en avant durant plusieurs réunions, dont à Hirsingue l’autre soir devant une trentaine de personnes. Quelques-unes déjà convaincues par le propos, parmi lesquelles la présidente des Alsaciennes Unies Christelle Baldeck portant sa coiffe alsacienne, ou Martin Hell, qui fut un des fondateurs voilà une trentaine d’années de l’Union du peuple alsacien dont est né Unser Lànd en 2009 ; des curieux désireux d’en savoir davantage sur le binôme. Les candidats et leurs remplaçants donnent le ton : chefs d’entreprise ou aux prises avec les réalités économiques frontalières, ils se veulent les pieds ancrés dans le territoire et fiers de l’être, balayant d’un revers de main PS, UMP et FN, coupables à leurs yeux de privilégier les raisonnements de partis au détriment des enjeux locaux.

Non-cumul des mandats

Si Catherine Dahmane parle à plusieurs reprises de la « dictature parisienne » et que Denis Albisser tape sur « le système » à tout bout de champ, Olivier Boule pourfend « le jacobinisme » contre lequel il oppose la « démocratie directe ». Laquelle a pour corollaire, explique-t-il, le non-cumul des mandats en nombre et en durée de sorte à pouvoir « travailler les dossiers pleinement ». Ceux-ci ne manquent pas dans leur liste : rattachement du Sundgau à l’Euro-District de Bâle, développement des transports collectifs, pérennisation de la gratuité des transports scolaires, prolonger le tram de Leymen jusqu’à Ferrette, contrôler les zones commerciales pour éviter les monopoles, accentuation du haut-débit, maintien des personnes âgées à domicile, simplification administrative, intensification du bilinguisme ou encore appel à une « meilleure gestion d’un hôpital d’Altkirch » placé « sous la coupe de Mulhouse ». Très critique, usant parfois d’une dialectique pas éloignée de celle des extrêmes, le binôme se défend de toute comparaison, plaidant non pour un centralisme hexagonal et « assimilateur » comme celui frontiste, mais au contraire pour le fédéralisme de régions ouvertes et autonomes respectueuses de chacune, sur « le modèle américain ou suisse ». « Nous ne voulons pas de repli sur soi », insistent-ils. Et c’est avec la bénédiction de la jeune « Fédération démocratique alsacienne » qu’ils entendent préserver l’Alsace « telle qu’on la connaît », avec ses particularités et son droit local qu’ils décrivent en péril via la grande région. Vice-président de cette FDA en lien avec le mouvement « Régions et peuples solidaires », Jean-François Mattler relève que c’est un processus de fond qui tend vers l’autonomie des régions, l’Alsace n’étant pas isolée en la matière et que la convergence est donc possible. Quant à Martin Hell, il précise que cette volonté de se soustraire à l’omnipotence parisienne n’est pas neuve lorsqu’il remémore des figures historiques telles Eugène Ricklin, le Landtag d’Alsace-Lorraine et la Constitution de 1911.

Quid de l’inexpérience des candidats et leur marge de manœuvre en cas d’élection, interroge la salle. « On ne peut pas faire moins bien que ceux qui sont en place depuis trente ans ! », rétorque Olivier Boule en arguant de l’expérience professionnelle de son quatuor et en souhaitant que nombreux seront les binômes soutenus par la FDA et Unser Lànd à franchir le pas du Département.

Ce sera, poursuivent-ils, le meilleur moyen de « reprendre l’initiative, de proposer et d’innover à l’écoute des citoyens dans une démocratie apaisée », en tenant compte des spécificités de la région dont ils comptent empêcher l’ALCA. D’où leurs appels à signer la pétition « Alsace retrouve ta voix » afin de solliciter un nouveau référendum et prouver que « le peuple d’Alsace existe ».

Mais n’y a-t-il pas là quelques tentations extrémistes demande une participante. Réponse : « Non, et nous sommes le meilleur rempart contre le FN. » « Ne soyez pas dupes, il y a des fascistes qui se promènent », renchérit toutefois un auditeur. « On ne peut pas le nier, mais ils ne sont pas représentatifs ! », conclut Christelle Baldeck.

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