Le 4 avril, Marie-Agnès Labarre (Front de Gauche), sénatrice de l’Essonne (Ile de France), a présenté au Sénat un projet de loi destiné à supprimer le Concordat en Alsace-Lorraine. Dans cette proposition de loi-cadre « relative à la promotion de la laïcité et la clarification des règles de son application concrète», Mme Labarre propose de dénoncer le concordat de 1801 (pour les catholiques), d’y abroger les articles organiques du XIXème siècle (pour les protestants et les juifs) et d’y faire disparaître les cours de religion hérités de la loi Falloux.

La proposition de Mme Labarre – rédigée sous couvert de M. Mélanchon – est une attaque virulente contre le peuple alsacien, très fortement attaché aux dispositions Concordataire. Faut-il rappeler que le Concordat en Alsace-Lorraine est un modèle de coexistence pacifique des religions et bénéficie d’un très large consensus de la population ? Faut-il rappeler que le Concordat et le Droit local, sont les derniers pans de notre autonomie régionale qui nous a été arrachée par l’Etat français après 1918 au nom de la « République une et indivisible » ?

Cela nous amène à nous poser cette question : au nom de quel principe une sénatrice de la région parisienne a-t-elle le droit d’émettre des propositions de loi concernant les spécificités de l’Alsace-Lorraine ?

Cet épisode rappelle que l’Alsace vit avec une épée de Damoclès au-dessus d’elle. Les spécificités alsaciennes ne tiennent qu’à un fil et il suffirait d’un mouvement d’humeur du Sénat ou de l’Assemblée nationale française pour les réduire à néant.

Unser Land rappelle que, tant que l’Alsace ne bénéficiera pas d’un statut d’autonomie lui permettant de pérenniser et de développer son droit local, elle sera exposée sans défense aux attaques des jacobins de tous bords.

Aussi Unser Land réclame la fusion immédiate des collectivités alsaciennes et l’octroi d’un statut particulier pour L’Alsace.

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