Catherine Trautmann a récemment dénoncé la prise de position de Roland Ries en faveur d’« une entité alsacienne née de la fusion des deux départements, avec des compétences négociées ». Mme Trautmann estime que ce choix serait « en rupture avec la vocation de la métropole de Strasbourg, capitale du Grand Est et capitale européenne garantie par la loi ».

Unser Land salue la position courageuse de Roland Ries et sa rupture avec les positions rétrogrades et funestes de son entourage.

Le Grand Est a d’ores et déjà privé Strasbourg du siège de l’Agence régionale de santé, de la Chambre régionale des comptes, etc. Il ne garantit en rien le statut européen de Strasbourg, bien au contraire. En isolant l’Alsace de l’espace rhénan et en la plaçant de force dans un conglomérat tourné vers Paris, le Grand Est ne fait qu’affaiblir l’Alsace et sa capitale historique Strasbourg.

Le maintien des institutions européennes à Strasbourg (tout comme son statut de capitale grand-estienne) ne tient qu’à des textes de loi, c’est-à-dire à pas grand-chose. Aujourd’hui, force est de constater que, dans les faits, Strasbourg est plus un bastion de l’administration française sur le Rhin que la métropole rhénane qu’elle a été et qu’elle a vocation à redevenir. La disparition de la langue allemande face à la quasi-exclusivité de la langue française à Strasbourg en est l’illustration flagrante.
Ce n’est pas en étendant à la Meuse et la Haute-Marne le pouvoir administratif de la préfecture de Strasbourg que l’on se donnera des arguments face aux partisans d’un déménagement du parlement à Bruxelles.

Bruxelles est une ville bilingue, capitale d’une région autonome plus petite que l’Eurométropole et d’un pays deux fois plus petit que le Grand Est. Luxembourg est une ville trilingue, capitale d’un pays plus petit que le département du Bas-Rhin. À défaut de voir l’Alsace devenir un pays indépendant membre de l’Union européenne, le minimum serait que Strasbourg renforce sa position sur le Rhin en faisant de l’Eurodistrict une réalité de terrain et que notre capitale participe à la renaissance institutionnelle de l’Alsace. Strasbourg n’est européenne que parce qu’elle est alsacienne. Elle n’est durablement capitale qu’au cœur d’une région Alsace.

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