Par Pascal Gerrer


La charte des langues européennes, signée mais pas ratifiée par la France, a entamé un nouveau tour de piste. Depuis 1999 – 2000, elle fait couler beaucoup d’encre. Le débat n’a pas avancé d’un pion. Ci-après, des échanges eus par le signataire, avec un citoyen breton jacobin, M. Ennaji.
Réponses dans le sujet « Charlie hebdo et l’Europe fédérale » à Marc Ennaji qui prétend que « chacun est libre aujourd’hui de parler, d’apprendre, de pratiquer tant qu’il veut une langue régionale, et de faire vivre la culture de sa région. » (soc.culture.breton 2 juin 2000) .
Libre, mais pas encouragé. Pourquoi n’ encourage t’on que le français comme si c’était la langue unique vernaculaire sur ce bout de continent ? Une langue ne vaut-elle pas autant qu’une autre. Ostracisme !
Libre d’apprendre? Je ris! Oui, après un sévère parcours du combattant. De pratiquer ? encore faut-il pouvoir surmonter les obstacles mis sciemment et avec une ruse consommée et presque scientifique, sur le chemin.En « haut lieu » on sait fort pertinement que le plus grand nombre des « citoyens » n’aura jamais ni la volonté (on l’en dissuade), ni la possibilité de surmonter ces barricades. Le terrain est miné et un travail de sape depuis longtemps entamé.
et de faire vivre la culture de sa région.
Ce qu’on voit vivre, vivre est un grand mot car c’est sous assistance respiratoire dans laquelle est injectée le fric du contribuable qui n’en peut mais, c’est la Kulture officielle. Parisianiste, francophoniste, chiante ! Ca ne marche pas, mais les subventions répondent toujours à l’appel…
Dans la suite de la contribution M. Ennaji avait relevé que la Charte des Langues, en prétendant introduire les langues régionales en masse dans la vie publique, remet en cause certains principes républicains touchant a la séparation de la sphère publique et de la sphère privée ;
Ah, la sphère publique et la privée…On peut comprendre cela comme une volonté d’interdire de parler sa langue dans la rue et dans les lieux publiques, sauf si c’est la langue dictée par l’administration centrale. De quel droit? L’Etat a pour mission d’aider les richesses culturelles du territoire, à s’épanouir, et non pas à les étouffer/ghettoïser. Sectoriser la pratique des langues,
c’est vouloir leur mort !
Je préfère être bien portant et riche que pauvre et malade, c’est pourquoi je suis contre la Charte.
Bien portant et riche de ma culture et de ma langue, plutôt que pauvre et oppressé par la machinerie d’Etat enrichie à la graisse de guillotine…
…Autonome vis à vis de qui ?
D’ un pouvoir lointain qui agit à tort et à travers, via les succursalistes des partis qui sont à sa botte et qui produisent l’affligeant spectacle que chacun apprécie.
… à peser beaucoup moins lourd pour mieux me faire bouffer culturellement et économiquement par les « gros » pays, non merci.
Pourquoi cette phobie de se faire bouffer. Le Luxembourg par exemple se fait-il bouffer. C’est un petit pays autonome, et trilingue de surcroît. Les gens y sont-ils moins heureux que dans le conglomérat France riche de son monolinguisme.
… à instituer des législations qui rendront de fait beaucoup plus difficiles la mobilité entre régions francaises.
Procès d’intention… La moindre des choses si l’on veut être mobile en France et ailleurs, c’est d’essayer de s’intégrer, de s’impliquer, et d’aimer la nouvelle culture qui s’offre à vous. Aussi bien à l’heure actuelle qu’à l’heure où les régions deviendront autonomes. Preuve d’ouverture d’esprit et d’universalisme.
Il y a une différence entre décentralisation – largement avancée aujourd’hui, et tant mieux et remise en cause complète des conceptions citoyennes, des solidarités nationales, et de l’égalité républicaine devant la loi.
Vous n’écoutez jamais le poste. Il est régulièrement question de  « re-centralisation », preuve que les régions sont les marionnettes du système central, et les parlementaires, de simples pions que l’on amuse.

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