Etrange société dans laquelle nous avons glissé. Pourtant, nous n’y sommes pas arrivés par hasard.

Dans l’Alsace d’avant le tsunami ravageur de l’unité et l’indivisibilité à la française, celle forte de sa culture et où l’on pouvait encore mener un dialogue dans notre langue, les religions concordataires exerçaient une influence telle qu’on ne s’autorisait pas de réflexions sur la croyance de l’autre. Le leitmotiv était clair et sans ambiguïté, un Alsacien ne blasphème ou ne jure pas. Bien sûr, personne n’était condamné en cas de dépassement des limites, mais l’ambiance générale incitait à rester dans les clous.

Puis on déstructura cette société. La culture locale fut vilipendée, réprimée, pour finir « bretzellisée ». Les reliquats de notre belle langue se réduisent désormais aux jurons les plus ordinaires.
Le traitement infligé ne laissa aucune chance au modèle alsacien, mais ne soyons pas dur avec nous mêmes, aucun peuple n’aurait pu résister à un tel acharnement.

Désormais le réveil est douloureux. L’abaissement et le nivellement culturel général sont un désastre. Les manques criants de culture, de réflexion, de capacité d’échange, ont pour corollaire une incapacité à respecter l’altérité.

Unser Land est persuadé que soutenir notre double culture, dont le bilinguisme représente un élément essentiel, est garant de tolérance et revient aussi à lutter contre l’obscurantisme. Nous ne devons pas mener une guerre qui n’a pas lieu d’être mais il est de notre devoir de défendre la liberté de penser et surtout le droit à l’épanouissement des individus.
Schiller disait : « Hindert eine Staatsverfassung, dass alle Kräfte, die im Menschen liegen, sich entwickeln, hindert sie die Fortschreitung des Geistes, so ist sie verwerflich und schädlich » (Si une constitution d’Etat empêche le développement de toutes les capacités humaines et si elle entrave l’esprit, alors elle est répréhensible et nuisible)

Martin MEYER / Secrétaire général Unser Land

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