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Le premier est né à Reims, la deuxième à Sarreguemines : Quentin Malherbe et Stéphanie Karmann, « Alsaciens de cœur », représentent Unser Land aux élections départementales dans le canton de Strasbourg 2.

 

 

Quentin Malherbe et Stéphanie Karmann (au centre), les candidats Unser Land, entourés de leurs remplaçants, Yolande Barthel et Jean-Claude Hiegel. PHOTO DNA – Christian LUTZ-SORG

Quentin Malherbe et Stéphanie Karmann (au centre), les candidats Unser Land, entourés de leurs remplaçants, Yolande Barthel et Jean-Claude Hiegel. PHOTO DNA – Christian LUTZ-SORG

Educatrice sportive, bénévole dans une association de parents et d’amis de l’école Sainte-Aurélie – elle habite rue du Faubourg-National depuis 15 ans – Stéphanie Karmann ne pensait pas vraiment s’engager en politique. Mais la réforme territoriale, contre laquelle elle a manifesté, l’a fait réfléchir. « Le débat démocratique sur la question de la fusion des régions n’a pas eu lieu », considère-t-elle, « c’est grave qu’on puisse l’imposer alors que la majorité des Alsaciens est contre ».

Sollicitée par la chef de file d’Unser Land, Andrée Munchenbach, pour présenter sa candidature, Stéphanie Karmann a « immédiatement été convaincue ». Née en Moselle, celle qui se voit désormais Alsacienne a peur que « les droits et l’identité de la région soient distillés au sein d’une grande région Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne ».

Son binôme, lui aussi, a participé à toutes les manifestations contre la réforme territoriale, mais ses contacts avec Unser Land sont antérieurs. Arrivé fin 2010 à Strasbourg, pour ses études d’histoire, celui qui est né à Reims et a grandi en Bourgogne a été surpris par la capitale alsacienne. « Je pensais découvrir une ville française comme une autre. J’avais appris que la culture germanique avait été imposée ici par la guerre… Finalement, j’ai pris des cours d’histoire de l’Alsace, effectué des recherches aux archives départementales et constaté la profondeur et l’ancienneté de cette culture, bien antérieure aux guerres mondiales et à l’annexion de 1870. J’ai aussi découvert la grande diversité des langues allemandes », raconte le jeune homme de 28 ans. « Ensuite, est venu le temps de la déception », poursuit-il, « celle de voir les Alsaciens aussi peu fiers et informés à propos de leur propre culture ».

Pour le binôme, ces élections départementales « sont très peu politiques, puisque la moitié du budget du Département est consacrée à des dépenses sociales obligatoires ». Ainsi, Quentin Malherbe et Stéphanie Karmann y voient-ils uniquement l’occasion de « porter la voix de l’Alsace et faire progresser l’idée d’une Alsace autonome, en France et en Europe, une Alsace ouverte sur son bassin économique naturel, c’est-à-dire le bassin rhénan ».

« Ceux qui ont concocté cette réforme territoriale se sont trompés de carte : ils ont pris la carte de France et ont essayé de tirer l’Alsace vers l’ouest ; s’ils avaient pris une carte de l’Europe, ils auraient constaté que l’Alsace est une vraie porte d’entrée vers l’Europe centrale et orientale. Ce n’est pas nous qui sommes repliés sur nous-même, c’est Paris ! » développe Quentin Malherbe. La campagne qu’il mène avec son binôme est ainsi largement axée sur l’explication de « l’autonomie » version Unser Land et d’idées, telles que la régionalisation de l’éducation, une grande conférence sur le Concordat – « fait il y a longtemps, il faut peut-être l’étendre, par référendum, aux autres religions présentes en Alsace » – ou encore le rôle primordial que doit jouer l’Union européenne.

Jean-Claude Hiegel, 62 ans, agent de la poste, ainsi que Yolande Barthel sont les remplaçants du binôme.

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