A l’issue du premier tour des élections régionales, les électeurs alsaciens ont confirmé Unser Land à la place de troisième parti politique alsacien. Unser Land devance ainsi tous les partis de gauche (Parti Socialiste, EELV, Front de Gauche, Lutte ouvrière) ainsi que les partis souverainistes jacobins (Debout la France, UPR).

Unser Land obtient plus de 11% des suffrages en Alsace et totalise près de 70.000 voix. Dans de nombreuses communes rurales notre liste arrive en second position devant les Républicains et dépasse le seuil des 20% des voix. Ce score considérable s’inscrit de pair avec la progression spectaculaire du nombre de membres du parti et la multiplication des sections locales. Unser Land confirme ainsi son ancrage durable dans la société alsacienne et s’inscrit dans les pas de ses alliés corses du PNC qui aujourd’hui sont en mesure d’accéder aux responsabilités.

Ces élections se sont pourtant déroulées dans un contexte difficile marqué par les attentats de Paris et l’état d’urgence qui s’en est suivi. La campagne électorale a été très largement perturbée, pour ne pas dire biaisée. Les restrictions de liberté prises par les Préfets (marches pour le climat interdites, banderoles sur les ponts confisquées, etc.) et l’hyper- focalisation des médias sur les problématiques sécuritaires auront eu comme effet de reléguer au second plan l’enjeu politique fondamental de cette élection : l’avenir de nos régions et de l’Alsace. A contrario, cette surenchère médiatique et cette nationalisation du débat ont considérablement renforcé le FN.

Les électeurs alsaciens ont adressé au gouvernement un triple message de rejet de l’ACAL, d’une part en votant en faveur d’Unser Land, d’autre part en sanctionnant lourdement la liste des Républicains menée par Philippe Richert et enfin en humiliant le Parti socialiste. C’est un message très clair adressé à Paris et au Gouvernement : l’Alsace veut son autonomie régionale et se battra pour elle. C’est également un message adressé à Philippe Richert et aux Républicains : le peuple alsacien n’accepte plus d’être trahi par ses élus.

La forte progression du Front National, crispation nationaliste et jacobine, préfigure une implosion prochaine d’un Etat français en pleine déroute économique, sociale et politique. En verrouillant en leur faveur le système électoral depuis des décennies, en ignorant les attentes et l’exaspération des électeurs, en rivalisant dans la surenchère nationaliste, le Parti Socialiste et les Républicains ont fait le lit du Front national. La réforme territoriale n’a fait que révéler au grand jour la fracture entre les électeurs et ses partis.

Nous dénonçons également l’imposture du Front National qui se présente comme « défenseur des régions ». Ce parti est nationaliste, jacobin, xénophobe, adversaire des régions et des langues régionales. Le Front national s’est d’ailleurs violemment opposé à la création d’une collectivité unique d’Alsace en 2013. Enfin, ce parti a été totalement absent des mobilisations contre l’ACAL et des recours au Conseil d’Etat.

Pour ces raisons nous refusons toute discussion avec les partis présents au second tour. Nous ne trahirons pas les dizaines de milliers d’électeurs qui nous ont fait confiance. Nous ne cautionnerons ni ceux qui ont trahi l’Alsace, ni ceux qui s’apprêtent à la détruire. Nous appelons par contre les électeurs à se déplacer en masse au second tour pour voter blanc afin de refuser le choix qu’on leur impose et exiger le retrait immédiat de la réforme territoriale.

Share This