Dans une tribune véritablement poussiéreuse aux allures de pamphlet, publiée le 13 août sur sa page Facebook, Jean-Pierre Masseret, Président sortant de la région Lorraine, s’en prend avec virulence aux langues régionales, déconseillant notamment au Gouvernement de ratifier la Charte Européenne des Langues Régionales et Minoritaires.

Masseret, tête de file du Parti Socialiste aux prochaines élections « régionales », affirme en effet qu’en matière de protection de la diversité linguistique « le mieux est l’ennemi du bien ». Avançant que reconnaître les langues régionales dans la Constitution et enseigner les matières generalistes dans une langue régionale représenterait un risque pour la France. Or l’alsacien est classé parmi les « langues vulnérables » dans le dernier Atlas (2010) des Langues en Danger de l’UNESCO. Si rien n’est fait aujourd’hui, la situation de l’alsacien mais également du platt et des autres langues régionales va s’aggraver.

Unser Land condamne fermement les propos de M. Masseret et considère comme irresponsable la lettre qui vient d’être signée au regard de la situation réelle de précarité dont souffrent les langues régionales dans l’Hexagone.

Considérer qu’en matière de langues régionales, « le mieux est l’ennemi du bien » c’est accepter de ne rien faire de plus que ce qui est fait aujourd’hui en terme de politiques publiques et de protection juridique (c’est-à-dire vraiment pas grand-chose). Or le statu quo que M. Masseret appelle de ses vœux est mortifère pour notre langue régionale : il n’y a pas de langue qui meurt mais seulement des langues qu’on tue !

Toutes les langues sont égales en dignité. C’est pourquoi, à l’instar du français, au nom des principes d’Egalité et de Justice, les langues régionales doivent, par leur inscription dans la Constitution, bénéficier d’un cadre juridique et protecteur.

L’appel de M. Masseret est loin d’être isolé. Il résonne en écho à gauche au tristement célèbre « Quand on aime la France, on ne propose pas de ratifier la Charte Européenne des Langues Régionales et Minoritaires » de Nicolas Sarkozy, président fondateur du mouvement des Républicains (ex-UMP). Et nul ne doute que

Philippe Richert, zélé serviteur de l’Etat jacobin, ne verra non plus aucun inconvénient à ce que l’UMP s’oppose massivement à la ratification de la Charte. Quant au Front National, il ne fait aucun mystère de son opposition viscérale à toute reconnaissance des langues régionales.

Après avoir décidé la disparition de l’Alsace, le Parti Socialiste, avec la complicité des Républicains et le soutien du Front National, souhaite désormais en finir avec notre langue et notre culture.

Aux élections régionales de décembre prochain, Alsaciens, souvenez-vous-en. Ensemble, battons les ennemis du Peuple Alsacien !

Jean-Georges TROUILLET, vice-président et porte-parole de UNSER LAND : 06 67 28 85 69

Share This