On nous a annoncé la semaine dernière un «accord historique» pour l’union des 3 collectivités alsacienne sous la forme d’une intercollectivité. Alors qu’une très large majorité d’alsaciens (70%) et qu’une majorité d’élus souhaitent une simplification du millefeuille institutionnel (fusion de la Région et des deux Départements), on nous annonce la naissance d’une couche supplémentaire.

«L’objectif est d’arriver à la mise en place de politiques unies sur l’ensemble de l’Alsace, qui pourront néanmoins être différenciées et adaptées en fonction des territoires»… «sans remettre en cause le principe de libre administration des collectivités, ni la gestion de leurs dossiers spécifiques».

Mais à quoi servira donc cette intercollectivité ? Aura-t-elle uniquement comme objectif de créer un lieu de discussion entre les trois collectivités, un « Stammtisch » à grande échelle sans pouvoir réel de décision ? Force est de constater qu’une certaine opacité entoure cet accord.

Depuis des décennies, la suppression des départements et le renforcement du pouvoir régional figure est une proposition phare du mouvement alsacien. En 1985, le Sénateur Henri Goetschy proposa la fusion et la création d’un «département du Rhin Supérieur». Déjà à l’époque, une large majorité d’Alsaciens souhaitait cette fusion. Aujourd’hui, un quart de siècle plus tard, le peuple alsacien y ait toujours très largement favorable mais rien n’avance, pire on s’enlise.

Cette politique timorée n’a pour objectif que de ménager les susceptibilités de certains notables qui agissent uniquement au nom de leur intérêt propre et envers la volonté du peuple alsacien. Cette marche en arrière signe la victoire de Monsieur Buttner, et la défaite de la démocratie.

Non, Monsieur Richert, la vraie consultation attendue par les Alsaciens n’est pas un référendum sur l’union et la création d’une n-ième couche institutionnel mais un référendum sur la fusion.

Depuis trop longtemps, l’Alsace attend ce moment, il est temps de donner enfin la parole … aux électeurs.

En cette année du centenaire de la constitution alsacienne de 1911, Unser Land, le parti alsacien, demande à Monsieur Richert une véritable consultation des alsaciens sur la fusion et la création d’un véritable « Parlement d’Alsace ».

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