Élise ou la vie à l’alsacienne

MUESPACH

Une centaine de personnes a suivi le cortège menant jusqu’à Élise, Alsacienne de paille conçue, avant de se retrouver bien plus nombreux pour les festivités culturelles.

Figure allégorique d’une Alsace en colère contre la refonte des territoires et pour la revendication d’une identité, le personnage se veut aussi symbole d’une Alsace festive à la riche culture. Au cours de l’allocation devant la désormais célèbre Élise, le maire Philippe Huber a noté que les fêtes alsaciennes sont également le signe de pérennité d’une culture.

Un programme festif et coloré de « rot und wiss »

Trente danseuses du Twirling club de Hégenheim ont proposé au cours de l’après-midi un répertoire éclectique sur des airs variés allant de Hans im Schnoekeloch à des reprises du groupe ABBA. Avec des tenues plus sexy que celles de leurs aïeules, elles ont rivalisé de charme et de grâce sous la direction de la muespachoise Nathalie Keller. « C’est une tradition festive, pas militantiste, d’honorer notre région forte de ses valeurs » explique la chorégraphe. C’est aussi le dialecte, qui a été mis en avant par différents ouvrages historiques, linguistiques d’André Nisslé ou encore humoristiques. Avec un dialecte truculent de dérision et d ‘autodérision, l’illustrateur Alexandre Schmitt a présenté « les ss’Afentures de Seppi und Güchti ».

Un passeport alsacien, créé par le Fonds International pour la Langue Alsacienne, était également disponible dans l’objectif de financer des crèches en immersion bilingue car « au-delà des clichés, c’est une langue de partage et de communication » dira Jean-Noël kempf, bénévole de l’association. Aux côtés des « elsass bredala », un atelier de « gleckhampfele » permettait de retrouver des gestes anciens avec Marie-Thérèse Rentz. Le parti Unser Land a proposé quant à lui les ouvrages consacrés aux autonomistes alsaciens Eugène Ricklin et Joseph Rossé, des « figures exceptionnelles que l’Histoire a souvent diabolisées et occultées » selon la présidente Andrée Munchenbach : « il faut reconquérir notre fierté, nous avons une communauté de destins, une « bruderlichkeit » qui doit nous faire revenir à un périmètre historique ». Finalement, impossible d’oublier l’attachement à une région et à son identité que les institutions ont elles semblé oublier lors de la réforme territoriale.

L’Alsace est une cigogne, un oiseau migrateur…

Ce sont près de dix Texans venus de Castroville qui se sont joint à la fête l’après-midi. Le maire Philippe Huber leur a réservé un accueil sur fond d’hymne texan. Descendants de familles alsaciennes qui ont émigré à partir des années 1845, ils ont fondé la première colonie dans la Medina Valley. Aujourd’hui peuplée de 2600 habitants, la ville comptait à son origine 500 familles alsaciennes et 480 célibataires.

Loin des yeux, mais pas loin du cœur, les participants à cette fête alsacienne ont partagé une culture commune.

DNA 6/06/2016 Nathalie Thomas

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