Communiqué de presse du 15/01/2014.
Le 14 janvier, lors des voeux à la presse, François Hollande, le président de la République française a annoncé que la réduction de la dépense publique passe par des « réformes structurelles » et que « l’Etat ne représentant qu’un tiers des dépenses publiques, le reste étant à la charge des Collectivités Locales et à la Protection Sociale, c’est donc notre organisation territoriale qui devra être revue ».
M. Hollande indique vouloir renforcer le pouvoir des régions. Cette annonce s’inscrit dans une longue lignée de déclarations d’intention – rarement suivies d’effets – des différents gouvernements qui se succèdent depuis 50 ans à la tête de l’Etat français. Il est illusoire de croire que la France, Etat profondément centralisé depuis le Moyen-âge se transforme subitement en démocratie fédérale moderne et efficace, respectueuse de l’identité des territoires de l’Hexagone.
Bien au contraire, M. Hollande propose de fusionner certaines régions afin de réduire leur nombre à 15 au lieu de 22. On évoque à ce titre une éventuelle fusion entre l’Alsace et la Lorraine.
Il est incontestable que le millefeuille administratif, illustration de l’adage « diviser pour régner », est responsable d’une dérive des dépenses publiques, d’une inefficacité de l’action publique et d’un déficit démocratique évident. Toutefois, en Alsace, la solution ne se trouve évidemment pas dans une fusion avec la Lorraine mais dans la réorganisation des collectivités autour de trois niveaux (commune / pays / région), la suppression de tous les autres échelons, et l’attribution de compétences exclusives à ces collectivités.
Lors de la campagne du référendum sur la fusion des collectivités alsaciennes, nous avions à maintes reprises attiré l’attention de l’opinion publique sur le fait qu’un échec du référendum pourrait aboutir à voir l’Alsace disparaitre dans un ensemble type « Grand Est » ou par la fusion avec l’une des régions voisines. Nous avions une nouvelle fois raison : la médiocrité de certains élus alsaciens a fait échouer le référendum et fait aujourd’hui peser un risque mortel pour l’Alsace.
Malgré le vote largement positif de la population alsacienne en faveur d’une fusion des assemblées régionales et départementales (58% de oui à l’échelle de l’Alsace), l’Alsace est restée divisée par le bas. Maintenant, elle est menacée de disparition pure et simple et cela nous ne pouvons l’accepter.
L’Etat français, non content d’éradiquer notre langue et notre culture, d’entrainer l’Alsace – région jadis prospère – dans une débâcle économique, envisage désormais de faire disparaitre l’Alsace en tant qu’entité politique. Bientôt, il ne restera d’autre choix pour l’Alsace que de quitter ce navire en perdition et de prendre enfin sa liberté.

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