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Richard WEISS
10 octobre 2010

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33. Elsasser Owe, die ABCM-Schule von Ingersheim macht Stimmung !

Pierre et Annette FRIEH animent bénévolement depuis des années les activités en dialecte de l’Association « D’Kinderstub » à l’école bilingue ABCM d’Ingersheim. Ils ont aussi ont assuré le début du 33ème « Elsasser Owe » à Colmar.

Dia « kleina Stumba » hann’s i d’r Erwàchsana gezeigt… Accompagnés par parents et enseignants, ils ont chanté, avec force gestes et mimiques, les comptines (Kinder- oder Abzählreima) traditionnelles apprises à l’école bilingue: « Ritte ritte Ross… », « Dàs isch d’r Dümma », « ‘S’kommt a Miesela », « Da (Finger) isch in’s Wàsser gheitt… ».

Und s’Publikum het mitgsunga und geklatscht ! D’gànz Mànn und d’Fraujaschàft vom ELSASSER OWE het wedder a mool gezeigt, dàss m’r uff elsasserditsch àlles sààja, singa, schriewa kàà, ebs a Gedicht isch vom verstorwena Victor Schmitt (vo Milhüsa) und Joseph Simmler (vo Màrckelsa) odder vo unsera sehr luschtiga und laabhàfta « Colmererbànd » : Falbriard, Fischer, Jeandon, Muller, Sibler, Spiess, Wackermann, Welchlin, Wuest, usw.

Cet exemple de transmission du dialecte par l’école a permis aux organisateurs du 33ème « Elsasser Owe » de poser les bonnes questions dès l’ouverture de la soirée: « Wer màcht witterscht, wann mer, Alti, nimm kenna ? ». « Redda dia Junga noch elsassisch in a pààr Johr, wann sie nimm i d’r zweisproochig Schüal sinn, odder in’s Collège komma ? »

Rappelons quelques évidences, 20 ans après la création des 1ères écoles bilingues par ABCM :

l’enseignement bilingue en immersion porte ses fruits et les petits « vrais bilingues » l’ont montré clairement.

sans bain linguistique à l’école : ni maîtrise de l’allemand, ni transmission du dialecte en famille

sans présence active du dialecte alsacien, sans enseignement bilingue, les enfants deviennent monolingues et leur avenir est compromis. Mais grâce au dialecte, ils s’expriment … et appliquent en société ce qu’ils apprennent à l’école !

Lorsque l’on voit des salles si bien remplies lors de ces soirées, on peut se poser des questions:

Pourquoi entend-on si peu parler l’alsacien dans les rues de Colmar dans la journée ?

Pourquoi entend-on encore dans le secteur touristiques des employés rétorquer aux touristes allemands « qu’ils n’ont qu’à apprendre le français »… au lieu d’être fiers de savoir parler leur, c’est-à-dire en réalité… notre langue ?

Pourquoi n’y a-t-il pas encore d’écoles en immersion (avec introduction du dialecte) à Colmar et ailleurs ?

Pourquoi n’y a-t-il pas encore de collèges ou de lycées ABCM à Colmar et ailleurs, alors que dans toutes les autres régions qui ont la chance de posséder une langue historique, ces écoles existent (et ont fait leurs preuves) depuis longtemps.

Pourquoi n’y a-t-il pas d’activités en dialecte dans les écoles publiques ,alors que les récemment les autorités académiques et les responsables politiques du Département et de la Région Alsace montrent une certaine unanimité et lancent une nouvelle campagne d’information publique (à 190.000 €) ?

Cette campagne de promotion du bilinguisme : « L’allemand : pas si kompliziert et très freundlich ! » dans l’ensemble des médias alsaciens suffira-t-elle à compenser les années de dénigrement et de destruction de notre langue par les différentes administrations publiques auprès et au détriment des familles germanophones d’Alsace ?

Pour l’instant ce ne sont « que » 10.000 emplois perdus, rien qu’en Suisse, par ignorance de l’allemand et du dialecte alsacien. Que se passera-t-il lorsque la population comprendra où et qui sont les vrais responsables ? Et qu’on ne vienne pas nous raconter qu’il n’y a pas de profs capables d’enseigner en allemand, alors que 75% des lycéens sont censés en faire 3 heures par semaine depuis l’école primaire !

Cela prouve une chose en tout cas l’échec de 50 ans d’enseignement monolingue : il faut un changement radical : l’immersion ! Que nos élus locaux soient enfin logiques et embauchent des germanophones européens. Dia koschta nix : ils sont déjà formés dans leur pays d’origine (Allemagne, Autriche, Luxembourg, Suisse…)…

Richard Weiss

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