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Ries, Jung et Bies : les socialistes entre cynisme et mauvaise foi

Lors d’une récente interview parue dans la presse quotidienne, MM. Jung et Bies, tous deux Mosellans d’origine, ont, une nouvelle fois, pris fait et cause pour le projet de réforme territoriale qui prévoit la disparition de la région Alsace et sa fusion avec la région Lorraine.

Les deux parlementaires se sont déclarés prêts à siéger tout l’été pour faire aboutir le projet avant décembre. Ils s’inscrivent ainsi dans la fuite en avant engagée par le gouvernement et approuvent de fait son intention de passer en force. Ce même gouvernement a en effet retoqué la proposition du Sénat de soumettre la réforme à référendum.

Ces socialistes, grands donneurs de leçons devant l’Eternel, n’ont même pas le courage d’assumer leurs positions devant les électeurs et préfèrent les couloirs feutrés de l’Assemblée pour effectuer leur sale besogne en toute quiétude. De quoi ont-ils peur, ces élus censés représenter le peuple ?

Mais leur comportement n’est non seulement empreint de lâcheté, il s’enrobe d’une mauvaise foi affligeante.

M. Jung chante à qui veut l’entendre que « l’identité, le droit local, le Concordat et les langues régionales ne sont ni concernés, ni menacés par ce projet de région administrative». On croirait un maquignon en train de caresser la bête qu’il emmène à l’abattoir.

Parlons du Droit Local. Il n’y a pas plus tard que 19 jours, M. Roland Ries et ses compères sénateurs socialistes ont torpillé le projet de loi de modernisation du Droit Local. Ce qui devait être un grand aggiornamento du Droit Local a été totalement vidé de sa substance par les sénateurs socialistes, radicaux, écologistes et communistes, qui ont supprimé 7 articles sur 9. On peut s’émouvoir de l’ignorance de la majorité des sénateurs français de l’Intérieur, qui n’ont ni cure ni connaissance de la situation juridique de nos départements, mais on ne peut qu’être révolté par le comportement de ces élus qui, loin de représenter les intérêts alsaciens à Paris, s’inscrivent dans la logique de groupe parisienne et condamnent sans état d’âme notre droit local à l’obsolescence.

Parlons de la « langue régionale » : le Conseil régional de Lorraine, dont les élus deviendraient majoritaires en cas de fusion, manifeste un désintérêt total voire une défiance pour l’enseignement de la langue régionale. La Région Lorraine n’a jamais déboursé un seul euro pour soutenir l’enseignement bilingue dans le département de la Moselle. Et demain, c’est cette même majorité, ces mêmes élus qui dénient ce droit aux habitants de la Moselle qui imposeront leur volonté aux Alsaciens devenus minoritaires. On voit bien que les imprécations du duo tragicomique Jung-Bies ne reposent sur aucune garantie concrète. Les promesses n’engagent que ceux qui les croient.

Quant à l’identité, si l’identité alsacienne n’est pas menacée par la disparition de l’Alsace en tant qu’entité administrative, alors supprimons la France en tant que pays, réduisons l’enseignement du français au même niveau que celui des langues régionales et officialisons une langue étrangère. On verra ce qu’il restera de l’identité française dans 50 ans.

Mais le « mur du çon » est franchi allègrement avec les propos hallucinants de M. Jung : « Je ne veux pas que l’Alsace soit le Tyrol du Sud. J’aime l’Alsace parce qu’elle est unique, c’est pour cela que je ne veux pas la voir folklorisée ».

M. Jung ferait bien un jour d’aller au Sud-Tyrol. Il découvrira une région, devenue la plus riche d’Italie, au taux de chômage deux fois inférieur à celui de l’Alsace (4% contre 9%), bénéficiant d’une véritable autonomie administrative, où la langue italienne et allemande sont reconnues à parité, où les habitants ont le droit de vivre décemment leur identité et de la transmettre à leurs enfants, bref une eurorégion modèle de 500.000 habitants.

On lui apprendra aussi que le pire cauchemar pour ses heureux habitants, c’est ce qu’ils appellent justement la «Verelsässerung », c’est-à-dire de se retrouver dans notre situation du peuple alsacien : broyé par un Etat centraliste, exproprié de sa langue et de sa culture, trahi par ses élites et dépossédé de toute autonomie administrative.

On lui rappellera aussi que l’Etat français s’apprête à faire subir à l’Alsace, ce que l’Italie à fait subir en 1946 au Sud-Tyrol pour tenter de le faire disparaitre.

Le folklore, c’est bien seule chose qui restera à l’Alsace si on la fusionne avec la Lorraine et son lui dénie ainsi le droit d’exister comme entité politique autonome. Manger de la choucroute, élever des cigognes en cage et parader en nœud affublé d’une cocarde tricolore, voilà la seule expression que cette république peut tolérer. La liberté, l’autonomie politique, c’est bon pour les autres, pas pour les Alsaciens.

M. Ries n’est pas en reste : il a ainsi récemment invoqué l’exemple basque dont l’absence d’institutions n’empêcherait pas l’expression d’une forte identité. Sauf que, justement, ces mêmes Basques réclament à cor et à cri la création d’une collectivité territoriale basque qui leur permettrait de pérenniser cette identité. Promise en 1981 par Mitterrand, cette collectivité leur a toujours été refusée par cette république autiste.

Invoquer les exemples basques et sud-tyroliens pour justifier la suppression de la région Alsace, c’est soit du cynisme, soit de l’ignorance crasse.

Dans tous les cas, le projet de réforme territoriale s’inscrit dans une longue tradition. Comme l’a révélé WikiLeaks, lors d’une rencontre le 24 octobre 2005 avec l’ambassadeur américain à Paris, Craig Stappleton, Michel Rocard, ex-premier ministre français socialiste, a avoué que la France est un état hétérogène, une création militaire qui s’est construite en détruisant les cultures bretonnes, occitanes, alsaciennes, corses et flamandes[1].

Voilà la politique de la France en Alsace depuis 350 ans, et, visiblement, avec la réforme territoriale, elle poursuit son œuvre funeste.

[1] The history of other European nation-states is that of linguistic communities serving their trade needs. France created itself by destroying five cultures — Breton, Occitan, Alsatian, Corsican, and Flemish. « We are the only European nation which is the military creation of a non-homogeneous State. This makes France difficult to govern to this day.

Pour en savoir plus sur les destins croisés de l’Alsace et du Südtirol:

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