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Sarkozy et les Gaulois : pourquoi le récit national est devenu tabou

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Sarkozy et les Gaulois : pourquoi le récit national est devenu tabou

FIGARO VOX

Par Alexis Feertchak

Mis à jour le 20/09/2016 à 18:28

Publié le 20/09/2016 à 17:46

FIGAROVOX/ENTRETIEN – Nicolas Sarkozy a créé une polémique en évoquant le mythe de «nos ancêtres les Gaulois» pour justifier le modèle de l’assimilation. Pour Dimitri Casali, les deux mille ans d’histoire de France sont indispensables à l’intelligence du temps présent.

FIGAROVOX. – Nicolas Sarkozy a déclenché une polémique en déclarant: «Dès que l’on devient français, nos ancêtres sont gaulois». Le roman national est-il devenu un tabou?

Dimitri CASALI. – Tout à fait, mais j’utiliserai plutôt le terme plus juste scientifiquement de «récit national». La France n’a pas besoin de «romancer» son Histoire, elle est suffisamment riche telle qu’elle est. Oui aujourd’hui, dès que l’on ose parler de récit national cela provoque des polémiques sans fin. En effet je pense avec Nicolas Sarkozy qu’un récit national se proposant d’apprendre à tous à aimer la France, en faisant découvrir la permanence de nos héritages doublement millénaire est possible. Et cet enseignement est indispensable à l’intelligence du temps présent et au fameux «vivre ensemble». Le récit national est une part importante et même décisive de la conscience civique. Un récit se doit d’être objectif et de restituer l’Histoire, avec ses lumières, mais aussi avec ses ombres. Malheureusement, face à nous les tenants d’une Histoire de France en perpétuelle mutation tiennent le haut de pavé que ce soit à l’université (très marquée à gauche) ou bien dans l’entourage du président Hollande.

L’ancien président de la République a continué: «Mon père est hongrois, on ne m’a pas appris l’histoire de la Hongrie. Mon grand-père maternel est grec, on ne m’a pas appris l’histoire de la Grèce. Au moment où je suis Français, j’aime la France, j’apprends l’histoire de France, je parle le français et mes ancêtres sont les ancêtres de la France, c’est ça l’assimilation». Est-ce une bonne définition du modèle de l’assimilation?

La politique d’assimilation vise à inclure les étrangers dans une République universaliste fondée sur l’émancipation individuelle.

La politique d’assimilation vise à inclure les étrangers dans une République universaliste fondée sur l’émancipation individuelle. À ce terme aujourd’hui dévalorisé, on préfère celui d’intégration qui vise à absorber chaque individu dans la société d’accueil par le brassage de l’école, de l’emploi, du mariage. Comme le sous-entend si bien Nicolas Sarkozy le système d’intégration «à la française» a été une grande réussite pendant 200 ans. C’est avant tout notre culture française qui est la base de notre vivre ensemble et cette culture est fondée sur la connaissance de l’Histoire du pays qui vous accueille, celui où vous vivez et travaillez et dont vous possédez la nationalité quelle que soit votre origine géographique. La bonne connaissance de l’Histoire est donc une garantie d’intégration car elle est un moyen d’accéder aux modes de compréhension de notre société française. On peut donc véritablement parler d’un creuset français qui a réussi à amalgamer en une création originale les migrations successives avec les populations les plus anciennes.

Certains ont considéré les propos de Nicolas Sarkozy comme la marque d’une identité biologique. Ne s’agit-il pas au contraire d’une identité davantage politique fondée sur la volonté d’un peuple de se réunir autour d’un passé mythologique commun?

Il faut apprendre à tous la permanence de nos héritages, chrétien et monarchique d’une part, républicain et laïc d’autre part.

Là ou Sarkozy a raison c’est qu’il faut effectivement créer un grand récit national, fédérateur et équilibré, qui rassemble toutes les composantes de notre nouvelle société et lui redonne confiance. Il faut apprendre à tous la permanence de nos héritages, chrétien et monarchique d’une part, républicain et laïc d’autre part pour pouvoir avoir de nouveau confiance en l’avenir et ressouder au sein d’une communauté de destin. Si l’on veut marcher vers le futur il faut toujours retourner à ses racines… Donnons aux nouveaux venus l’amour et la passion de notre histoire et nous leur ferons aimer la France au lieu de la détester, nous réglerons ainsi bien des problèmes.

Votre dernier essai* est sous-titré: «Pourquoi notre pays renie son histoire et nos enfants perdent leurs repères». De quand date ce phénomène de reniement?

Championne de l’autoflagellation, en proie à la déliquescence de son école, à la repentance coloniale et au danger du multiculturalisme, la France s’enfonce dans une perte d’identité totale.

Ce phénomène date d’une trentaine d’années depuis que la montée du communautarisme et du fondamentalisme ronge de l’intérieur la nation française. Championne de l’autoflagellation, en proie à la déliquescence de son école, à la repentance coloniale et au danger du multiculturalisme, la France s’enfonce dans une perte d’identité totale. L’intelligentsia française très orientée à gauche à l’échiquier politique a imposé obstinément, une idéologie dominante: le paradigme de la repentance coloniale et de la pensée unique. On le voit à cette hargne qu’ont nos élites à déconstruire notre passé pour faire croire à nos enfants que les Français ont tous été d’horribles esclavagistes au XVIIIe siècle, d’infâmes colonisateurs au XIXe siècle et uniquement des collabos au XXe siècle… On joue la carte de la culpabilisation, voire de la criminalisation de l’Histoire de France. À l’effacement de notre culture classique, du grec et du latin, vient s’ajouter le saccage des derniers pans d’histoire de France à tenir encore debout après les réformes scolaires catastrophiques du dernier quinquennat.

Quand «Nos ancêtres les Gaulois» ont-ils disparu des manuels scolaires?

La formule exacte est issue du manuel d’histoire primaire Le Petit Lavisse écrit par le grand historien Ernest Lavisse, édité en 1884 et réédité cinquante fois jusqu’en 1950: «Il y a deux mille ans, notre pays s’appelait la Gaule et ses habitants les Gaulois». Cependant les petits indigènes des colonies récitant par cœur cette formule ne correspond pas du tout à la réalité historique de l’époque. Ce que l’on critique aujourd’hui comme étant un enseignement colonialiste qui voulait faire oublier aux peuples colonisés leur passé en cherchant à les assimiler de force n’a tout bonnement pas existé. Cette repentance qualifiant de «génocide culturel» l’œuvre éducative des colonies fait l’impasse sur les dernières recherches historiques qui montrent les efforts d’adaptation systématique réalisés par les instituteurs colons, appelés officiellement à valoriser l’héritage autochtone. Rappelons les travaux poursuivis par l’École française d’Extrême-Orient et par l’École des hautes études berbères de Rabat qui réapprirent leur propre histoire aux Annamites et aux Marocains. L’objectif des dirigeants français de la IIIe République tel qu’Albert Sarraut était de «changer l’homme» par l’éducation, de le faire accéder à une partie du savoir et de l’univers européen…

* Dimitri CASALI, Désintégration française, éd. Jean-Claude Lattès, 2016.

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